« Jeudi 26 juin, la nouvelle municipalité d’Elne présente l’audit financier qu’elle a demandé. Quelle originalité !

Ça y est la nouvelle municipalité a reçu le résultat de l’audit demandé aux services fiscaux. Jeudi 26 juin elle tient conférence de presse pour le présenter. Les illibériennes et illibériens n’y apprendront pas grand-chose d’original, pas grand-chose qu’ils ne sachent pas. En effet, chaque année les bulletins municipaux édités expliquaient en long, en large et en travers, la situation financière de notre commune assumée et maitrisée. Rien d’original donc, un peu partout les nouvelles municipalités élues, surtout lorsqu’elles sont de droite, font un audit sur les finances de leurs communes. En règle générale vue la situation difficile d’une grande majorité de nos villes et nos villages, confrontés depuis des années à un transfert de charges incessant de la part de l’Etat, à la baisse des dotations qui leur permettent de vivre, à la suppression de la Taxe professionnelle, à la paupérisation des populations… les audits ne sont pas bons. Dès lors les nouveaux élus en profitent pour justifier des politiques restrictives, des privatisations, des économies qui pénalisent les gens…

Et je parie que ce sera le cas jeudi de la part de la nouvelle municipalité d’Elne. La situation est connue : un fort taux d’endettement qu’il faut ramener à la durée moyenne des emprunts (calcul stupide et partial qui divise la somme totale due par le nombre d’habitants de celle-ci). Par contre il faut regarder l’annuité de la dette (Elne est dans la moyenne), la capacité à rembourser ses emprunts et le niveau des recettes annuelles par rapport aux dépenses annuelles. Et puis l’endettement d’une ville, c’est de l’investissement donc de la création d’activité économique et par voie de conséquence de la richesse et des emplois. L’endettement c’est de l’investissement qui améliore la vie des populations, par exemple à Elne il correspond à la réalisation d’une station d’épuration, d’écoles primaire, maternelle et crèche, d’un centre de loisir, de lotissements, de 4 tranches de zone économique et artisanale, de parkings dont un souterrain, d’un stade avec ses tribunes et terrains d’entraînement, de la Maternité, de Gavroche avec son cinéma, des abords de la mairie, d’une gendarmerie… Avec mon équipe nous avons fait le choix de ne pas priver la population illibérienne des équipements de qualité dont disposent les habitants des communes plus « riches ». Et puis contrairement à presque toutes les autres communes aucun endettement intercommunal ne s’ajoute à celui d’Elne.

En revanche sur le budget de fonctionnement les comptes administratifs de l’année 2013, validés par les services de l’Etat et le percepteur, ont dégagés des millions d’euros d’excédents budgétaires. 1,6 millions d’Euros pour le budget communal et près de 2,5 millions pour les budgets annexes notamment l’eau, l’assainissement, le CCAS…

Nous avons toujours préféré nous battre pour que l’Etat prenne ses responsabilités envers des communes comme les nôtres et nous n’avons jamais voulu augmenter les impôts locaux de manière démesurée pour ne pas peser encore plus sur le budget des ménages souvent pauvres. Car il faut savoir que si moins de 40% d’illibériens ne paient pas l’impôt sur le revenu, plus de 80% s’acquittent des impôts locaux.

La situation d’Elne mérite que l’on se batte pour obtenir plus d’aide et d’engagement de l’Etat.

Mais je suis prêt à parier que la nouvelle municipalité va prétexter les résultats de l’audit pour crier à la faillite et justifier ses intentions : privatisation des pompes funèbres communales, instauration d’une taxe pour les enterrements, faire payer les terrasses des bistrots, restaurants et plus largement toute occupation du domaine public, l’augmentation de tous les tarifs dont ceux de la cantine scolaires, la suppression du cinéma, le non renouvellement de contrats d’agents communaux (donc des licenciements), la diminution des dépenses culturelles notamment pour la médiathèque et la maternité, la hausse des impôts locaux et bien d’autres restrictions budgétaires qui pénaliseront nos populations.

La ficelle est grosse, c’est celle qu’utilisent toutes les municipalités de droite pour réduire le service public local et faire des économies sur le dos des citoyens.

Je connais bien les comptes de la commune que j’ai gérée durant 13 ans en essayant de la transformer. Rien ne saurait justifier de telles mesures, si tant est que la nouvelle municipalité projette de les mettre en œuvre.

Et puis si nos nouveaux élus ne sont pas capables de faire face à la situation, ce n’est pas un problème, ils peuvent démissionner. Nous reprendrons sans soucis et sans peur la gestion de notre commune en allant de l’avant comme nous l’avons toujours fait, non pas en pénalisant la population illibérienne mais en nous battant pour satisfaire aux besoins de nos concitoyens et en nous tournant vers l’Etat pour en obtenir les moyens ».

Nicolas Garcia