Dans la campagne pour l’élection présidentielle américaine, les médias français – toutes tendances confondues – ont choisi leur candidat, ou plutôt leur candidate, depuis le départ : Hillary CLINTON. C’est la candidate du système, un point c’est tout. Comme en France le système a tranché en faveur de… Alain JUPPé. Pas la peine de vous déplacer : de New-York à Paris, de Los Angeles à Bordeaux, de Malibu à Ramatuelle, les jeux sont faits. Tout le reste, la sempiternelle « montagne russe des sondages », un coup on rassure, un coup on fait peur, un autre coup on agite le chiffon rouge, etc.-etc., tout ce reste n’a pour but que d’amuser la galerie, de nous faire croire à un semblant de démocratie.

« L’élection encourage le charlatanisme »… Ernest RENAN ne croyait pas si bien dire. Surtout du côté des médias français. C’est à désespérer de tout. Depuis le début, l’opérateur téléphonique ORANGE (est-ce son rôle ?) fait campagne pour Hillary. Ou plutôt contre Donald. Sa page d’accueil censée nous informer, nous désinforme jour après jour en nous prenant pour des imbéciles heureux. Dès que Donald va pisser de travers, il est flingué à tout va. Dès que dans la presse française – essentiellement car les autres médias européens ont, eux, le souci de maîtriser une certaine objectivité et de faire preuve de professionnalisme dans le traitement de l’actualité – sort un embryon anecdotique pouvant ridiculiser Mister TRUMP, l’opérateur téléphonique se jette dessus pour le diffuser sur son réseau…

Ce n’est pas mieux du côté des médias audiovisuels et, surtout, de leur presse spécialisée (TV magazine…), laquelle au lieu de nous éclairer lorsqu’il s’agit d’annoncer un documentaire, une émission, un rendez-vous, abordant le sujet dans le petit écran, prend immédiatement parti : « d’un côté Hillary CLINTON, qui affiche une grande expérience politique, glanée en tant que sénatrice, diplomate et secrétaire d’Etat; de l’autre côté, Donal TRUMP, un milliardaire outrancier, multipliant incohérences et volte-face » (…). Forcément, c’est si évident. Il y a là un vrai sujet pour les Ecoles de Journalisme (françaises) !

Nous pourrions multiplier les exemples à volonté. A foison. Comme le clamais Napoléon 1er, empereur des Français, « la faute est dans les moyens bien plus que dans les principes » ? … Nous le croyons pas. Les rédactions de l’Hexagone ont choisi, délibérément, consciemment, de prendre parti, même si à la lecture de certains articles, autres citations napoléoniennes : « du sublime au ridicule, il n’y a qu’un pas ». Qu’une ligne, ici, en l’occurrence… Chers journalistes : « appliquez-vous à garder en toute chose le juste milieu » (Confucius).

Que Libé, Le Monde, L’Huma, Valeurs Actuelles (…), expriment une un souhait politique, appuient sur des convictions et ne les lâchent (surtout) pas, aiguisent leurs plumes face à celui qu’il considère être un danger (Mister TRUMP), c’est là leur droit – et peut-être même leur devoir – car eux annoncent la couleur : ils sont des journaux d’opinion (et accessoirement pour certains d’entre eux, d’information). Mais que ceux qui s’affichent comme les tenants de « l’Information » bafouent quotidiennement le socle sur lequel ils ont fondé leur raison d’exister, d’être, se lancent dans une course effrénée au(x) mensonge(s) est insupportable.

Les médias français, quels qu’ils soient, seraient mieux inspirés, plutôt que de nous (re)servir des clichés d’une Amérique ketchupisée, de nous expliquer les raisons de la colère qui gronde outre-Atlantique et qui est à l’origine de la popularité – même contestée ou controversée, mais réelle – d’un certain Donald TRUMP, et du grand malaise qui en découle.

 

(Nos génies français de l’information… RTL parle de Hillary CLINTON candidate du Parti Républicain !… Alors qu’elle est la candidate du Parti Démocrate).

 

(capture d’écran).