Jean RèDE sur la terrasse de la « Résidence Vincent-Azéma » (mai 2016).

Jean RèDE nous a quittés hier soir, il est décédé dans la résidence pour personnes âgées « Vincent-Azéma » à Banyuls-sur-Mer, maison de retraite qui avait été d’ailleurs construite alors qu’il était maire de Banyuls-sur-Mer. Né en 1932 à Diego-Suarez (Madagascar), il aurait eu 86 ans le 9 avril prochain.

La vie de Jean RèDE pourrait servir de décor à un roman, à une pièce de théâtre encombrée de placards d’où sortiraient des personnages incroyables, invraisemblables, ou à un film (un thriller haletant de préférence), tellement, tant sur le plan professionnel (hôtelier-restaurateur) que dans sa carrière politique à rebondissements, il restera comme un individu, une personnalité, à part.

Hôtelier à Megève, où pour les fêtes de fin d’année des artistes, des vedettes, des stars, mais aussi le (bon) milieu marseillais avaient pris l’habitude de se retrouver dans son établissement très couru, « l’Eldelweiss », il a construit dans les années 60 le célèbre hôtel-restaurant « Le Catalan », tenu par sa fille Pascale, haut-perché sur le territoire de la commune de Banyuls-sur-Mer, qui domine la Côte Vermeille telle une vigie. Là aussi, il en a vu défiler des célébrités, des compromis, des patchaques, des jours heureux, des cérémonies de remises de médailles (en or ou en chocolat – c’est une image bien sûr), des fêtes interminables, des complots politiques locaux…

Jean RèDE a été maire de Banyuls-sur-Mer, une première fois de mars 1983 à mars 1995, pendant deux mandats, sous l’étiquette gaulliste RPR, puis, plus près de nous, de mars 2008 à mars 2014, avec le sigle UMP. Ensuite, il a décidé de ne pas se représenter. Elu pour la première fois conseiller général de la Côte Vermeille, le 17 mars 1985, il restera en place jusqu’en 1998, occupant même le fauteuil d’une vice-présidence au Tourisme sous le règne du docteur René MARQUèS.

Nous aurons l’occasion de revenir sur le parcours exceptionnel de ce personnage hors normes qui, l’espace de ses mandats politiques, quoi qu’on en dise et quoi qu’on en pense, a permis à la Côte Vermeille de fortifier son image identitaire et territoriale, l’ancrant dans une démarche visionnaire et généreuse, exactement dans les pas du père de l’appellation Banyuls, son ami le très regretté docteur André PARCé.

Avant tout, de Jean RèDE, c’est évidemment sa générosité, ses coups de gueule (jamais méchants !), qu’il faut retenir. Entre deux sketches, entre deux fléchettes ironiques lancées sur ses adversaires, il savait parler avec esprit, déminer les situations politiques ou sociales les plus complexes.

Il y avait en lui du RAIMU et du FERNANDEL, tellement il était théâtral dans son bureau, où il recevait des dizaines de pigeons à ses fenêtres pour leur servir un festin quotidien (plusieurs kilos de graines qu’il leur distribuait chaque jour alors qu’il était maire), ou attablé au « Catalan », ou encore assis sur le banc public situé juste à gauche à l’entrée de « sa » mairie, face à la Méditerranée, où il se (com)plaisait à s’installer pour entendre les passants parler de son village, en bien ou en mal, de son Banyuls-sur-Mer qu’il adorait par-dessus tout. Il en tirait ensuite les conséquences, il n’hésitait pas à modifier ses principes de gestion s’il le fallait pour mieux répondre aux doléances des habitants comme des visiteurs.

Il était toujours à l’affût, déterminé à relever un défi, à se lancer dans une bataille abracadabrantesque, tout en faisant simple et lisible sur un sujet qui pouvait sembler emmêlé.

A son épouse Hélène, à ses enfants, à Pascale et Beatrice, à Corinne, à ses petits-enfants, à sa famille, à tous ses proches, la rédaction de Ouillade.eu adresse ses plus sincères condoléances.

 

Jean RèDE dans son bureau en mairie de Banyuls-sur-Mer (2014).