Le Gouvernement d’Edouard Philippe versera le 15 mai une « aide d’urgence » de 150 euros par famille bénéficiaire du RSA ou de l’Allocation de solidarité spécifique (ASS), à laquelle s’ajouteront 100 euros par enfant, a annoncé mercredi le Premier ministre. Les familles qui ne bénéficient ni du RSA ni de l’ASS, mais qui touchent des aides au logement, percevront de leur côté 100 euros par enfant, a indiqué le chef du gouvernement, précisant que ces aides d’urgence profiteront au total à « plus de quatre millions de foyers ».

Leur versement « sera automatique, sans qu’aucune démarche ne soit nécessaire », a encore indiqué Edouard Philippe, soulignant avec une générosité verbale que le gouvernement avait « entendu l’appel des associations de lutte contre la pauvreté ». Cette « aide exceptionnelle de solidarité », qui coûtera près d’un milliard d’euros à l’Etat, vise à répondre aux conséquences de la crise épidémique et du confinement sur les budgets des ménages les plus modestes, a précisé de son côté le ministre de la Santé, Olivier Véran.

La question soulevée par les internautes, concernant par exemple les allocataires du RSA, est : « En quoi leur situation a-t-elle évolué avec ou sans pandémie ? ». Des internautes interpellent : « Le coronavirus a-t-il supprimé, diminué, les prestations sociales qui jusque là étaient attribuées aux allocataires du RSA ? La réponse est évidemment non. Alors, pourquoi cette prime, qui aurait été plus logique d’attribuer à tous les personnels soignants, quels qu’ils soient, où qu’ils soient, ainsi qu’aux étudiants. Ces derniers sont souvent dans une situation d’extrême précarité, surtout celles et ceux qui ont perdu le job qui les faisait survivre pendant leurs études (…) ».

Si l’on prend à la lettre les explications du Gouvernement Edouard Philippe, toujours relevé sur la Toile : « Cela ne tient pas la route pour justifier l’attribution de ces primes aux allocataires du RSA et de certaines APL… Prenons dans le discours du Premier ministre juste cette phrase : « Du fait des tarifs sociaux dans les cantines scolaires, les familles ont des dépenses supplémentaires pendant la fermeture des écoles, puisqu’elles doivent nourrir leurs enfants à midi », a-t-il dit. Alors, à qui profite l’explosion de la distribution de colis alimentaires dans les nombreuses associations caritatives (Les Restos du Coeur, Secours Populaire, Secours Catholique, Croix-Rouge…) ? Aux nouveaux précaires : c’est-à-dire donc les artisans, les commerçants, les cafetiers-hôteliers-restaurateurs, les chefs d’entreprise, etc.-etc., les petits travailleurs indépendants qui sont eux vraiment à la rue parce que empêchés de travailler ? Tout cela n’est pas sérieux. C’est du foutage de gueule ! »

C’est en tout cas incompréhensible pour nombre d’internautes.

Visiblement, autant une prime identique de 1 500€ à tous les personnels soignants en cette période de crise parait totalement – et sans condition – justifiée, autant celle destinée aux allocataires du RSA fait débat, et c’est là le moins qu’on puisse dire, sur la Toile. Visiblement encore, les internautes ne comprennent pas cette aide financière qui selon eux « ne repose sur aucun justificatif pandémique ». Si ce n’est, affirme-t-on dans un groupe, « à faire un geste clientéliste électoral entre les deux tours des municipales »

Enfin, pour clore provisoirement ce chapitre, les Gilets jaunes sont de retour sur la Toile : « Incompréhensible tous ces milliards d’euros trouvés en quarante-huit heures pour être distribués de manière discriminante ! Pendant des mois, des retraités vêtus de Gilets jaunes, des travailleurs socialement exploités avec des rémunérations scandaleusement basses, ont manifesté pour obtenir juste un peu plus de quoi vivre décemment pour boucler leurs fins de mois… Sans rien obtenir ! Ou si peu… Sincèrement, il y a de quoi s’interroger sans être pour autant médisant ».