(Communiqué de François Calvet, sénateur LR/ Les Républicains des P-O)

 

 

Lettre ouverte à Monsieur le Premier Ministre Edouard Philippe

 

 

« Monsieur le Premier Ministre,

 

Notre département, comme vous le savez, a été durement frappé par la tempête Gloria, tempête dont les conséquences se sont prolongées notamment par la coupure, une nouvelle fois, de la RN-116 de Perpignan à Bourg-Madame, dans sa partie montagneuse de Villefranche-de-Conflent à Mont-Louis

 

 

Plusieurs éboulements ont encore eu lieu, l’un d’entre eux a conduit Monsieur le Préfet à interdire bien légitimement la circulation alors que nous sommes en période de vacances.

Les stations d’hiver des plateaux cerdan et capcinois (Les Angles, Puyvalador, Formiguères, Bolquère, Eyne, Saint-Pierre-dels-Forçats, Font-Romeu-Pyrénées 2000, Puigmal, Porte-Puymorens…) ainsi que tous les professionnels de l’hôtellerie, de la restauration, les commerces et artisans s’apprêtent à accueillir les vacanciers, source de revenus qui constitue un des pourcentages les plus importants de leurs recettes pour cette économie de montagne en ces périodes de vacances.

Il y a maintenant 13 ans qu’un éboulement d’une telle ampleur ne s’était produit.

J’ai montré à Madame Elisabeth Borne, Ministre de la Transition Ecologique, mercredi 5 février à 15 heures, lors des questions au Gouvernement au Sénat et à Monsieur Jean-Baptiste Djebarri, Secrétaire d’Etat aux Transports, une vidéo qui met en évidence les dégâts considérables occasionnés à la nationale par, semble-t- il, un problème lié au débordement de canaux en amont de la falaise sur la commune de Sauto.

A la suite de la venue de Madame Elisabeth Borne le 26 novembre 2017 à Prades chez Jean Castex, l’Etat a fait connaître, sur le tronçon de la plaine, qu’il renonçait au renouvellement de la DUP Bouleternere-Prades pour des raisons de coût qui ne nous ont jamais été explicitées.

Ce mauvais signal qui nous a été donné a été confirmé par des réunions avec les services de la DIRSO qui nous ont fait part à Prades quelques mois plus tard de la faiblesse des travaux engagés et des projets de petits aménagements qui ne verraient pas le jour pendant plusieurs années.

Les élus ont compris de suite que l’Etat les abandonnait.

Un espoir cependant est né au moment où Madame la Ministre de la Transition Ecologique a annoncé, au mois de mai 2018, qu’une somme de plus d’1 milliard d’euros viendrait compléter les crédits annuels affectés aux routes d’environ 850 millions d’euros annuels pour réaliser des investissements sur les routes nationales, toujours propriété de l’Etat.

Malheureusement, ces annonces n’ont pas été concrétisées.

Aujourd’hui, le désespoir gagne les populations, les professionnels et les élus qui ont manifesté à Mont-Louis et Villefranche-de-Conflent leur désarroi. Ils réclament un véritable plan Marshall de modernisation de cet axe avec des ouvrages adéquats correspondant à la situation particulière de la RN 116, notamment dans sa partie montagne

Ces deux territoires de montagne sont totalement isolés et ne peuvent être reliés à la partie française que par une départementale, dans l’Aude, dont le gabarit n’est pas du tout adapté aux au transport de voyageurs ou aux livraisons de produits par exemple alimentaires.

Pour ce qui est de l’autre accès, par l’autoroute A 61 via Pamiers, Foix et tunnel du Puymorens (payant), le temps de trajet a été multiplié par 3.

En ce qui concerne le Tunnel de Puymorens, nous vous demandons, pendant cette période de coupure, d’assurer la gratuité dans un souci d’égalité d’accès routier.

Le territoire restant depuis Perpignan est accessible également par l’Espagne et le Tunnel du Cadi en soulignant combien les routes en Catalogne du Sud, sont, elles, en parfait état.

L’état de cette route internationale qui dessert l’Andorre et l’Espagne nuit bien sûr aussi aux intérêts de nos voisins catalans espagnols et andorrans que nous avons rencontrés et qui ne manqueront pas de vous saisir des mêmes doléances.

C’est un cri de désespoir que nous vous lançons, Monsieur le Premier Ministre, en vous remerciant de toute l’attention que vous porterez à la situation de notre territoire partagée par toute une population.

Je vous prie de croire, Monsieur le Premier Ministre, en l’assurance de mes sentiments les plus respectueux ».

 

 

*PS : « Je tiens par ailleurs à vous signaler que si le Préfet de notre Département a été exemplaire et a pris les mesures à la hauteur de la situation, et nous a informés en tant qu’élu à chaque moment, nous attendons encore une communication de la DIRSO. Alors que nous avions demandé que la réunion programmée à Prades ait lieu le jeudi 6 ou le vendredi 7 février afin que les élus nationaux et Jean Castex soient présents, elle a été fixée le mercredi 5 février au motif que la DIRSO n’était « disponible, ni le jeudi, ni le vendredi ».

Afin de remédier à, ce que je considère comme un mépris pour notre qualité d’élu, je vous demande que Monsieur le Secrétaire d’Etat, comme je lui en ai fait part, vienne sur le terrain, comme l’avait fait, Monsieur le Ministre des Transports Dominique Bussereau en 2007. Ce déplacement ministériel avait permis la mobilisation des crédits importants pour des travaux comme le souligne un article de presse en 2008, « La RN 116, reine de tous les chantiers ».