Jacques MANYA, maire de Collioure, ce lundi 18 juin, lors de la commémoration du 78ème anniversaire de l’Appel du Général de Gaulle.

 

 

« Mesdames, Messieurs, Mes Chers Concitoyens,

 

Le second conflit mondial, déclenché en septembre 1939 par l’invasion de la Pologne par les troupes du IIIème Reich, s’accélère en ce printemps 1940. Dans une forme de sidération, l’Etat-Major militaire français s’est laissé déborder jusqu’à permettre au piège de Dunkerque de se refermer. L’armée Française est en déroute.

 

Des millions de français sont jetés sur les routes de l’exode.

 

Au plan politique, l’idée d’une négociation pour l’arrêt des combats est dans tous les esprits.
Le Maréchal Pétain, héros de la grande guerre, est rappelé de Madrid où il assumait pour la France, des fonctions diplomatiques essentielles dans la reconnaissance du nouveau régime imposé par Franco.

 

Le 10 juin 1940, les militaires français sont prêts à cesser les hostilités. Le Général De Gaulle, sous- secrétaire d’Etat à la Défense Nationale et à la guerre, est cependant convaincu de la nécessité de poursuivre la lutte.

 

Il obtiendra le 12 juin, après d’âpres négociations avec Winston Churchill et Paul Raynaud, que l’on puisse transférer en Afrique du Nord les troupes disponibles qui pourraient le moment venu, continuer la lutte.

 

Le 17 juin 1940, le Maréchal Pétain demande aux Allemands un armistice. Il sera signé le 22 juin avec l’Allemagne et le 24 avec l’Italie.

 

Le 18 juin, l’appel du Général De Gaulle est transmis depuis Londres. Cet appel, à peine audible, résonne alors comme l’acte fondateur de la Résistance.

 

Cette voix solitaire et courageuse, a rendu l’espoir aux opprimés de la France occupée. Elle a donné l’énergie pour refuser l’humiliation, celle qui conduit à baisser la tête alors qu’un seul genou est à terre.

 

Cette voix a participé c’est certain, à la naissance et à l’entretien du mythe de l’homme providentiel. Elle a transformé le « récit national » que nous venons de survoler, pour nourrir le « Roman National », celui d’une France éternellement capable de se relever et de survivre.

 

Alors, au-delà du mythe, de la personnalité exceptionnelle de Charles De Gaulle et de celle des compagnons de légende, Jean Moulin, Leclerc, Brossolette, Jean Zay, il reste pour nos générations actuelles, l’exemple d’une volonté qui peut renverser tous les obstacles lorsqu’elle est mise au service d’un idéal qui nous dépasse.

 

« La flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. »

 

C’est cette voix de Londres qui est à l’origine de l’organisation de la résistance en France base de la reconstruction d’une armée de la France Libre.

 

C’est cette voix de Londres qui guidera le 27 novembre 1942 à Toulon, alors que la Flotte Française se saborde, les sous-marins Casabianca, Vénus, Marsouin, Iris et le Glorieux, pour éviter les mines magnétiques et gagner le large.

 

En ce 18 juin 1940, le Général De Gaulle prédisait un élargissement du conflit et son embrasement mondial. Cette force d’avoir eu raison contre tous, doit être pour nous une des leçons de l’histoire nationale : dire non, c’est être vivant, c’est rester débout.

 

Avoir raison trop tôt, c’est avoir tort longtemps. Peut-être, mais ne renonçons jamais à donner aux jeunes générations, par cet exemple du 18 juin 1940, le courage de savoir défendre des convictions et des pressentiments, pour que vive la République, vive la France et vive Collioure !« .

 

 

Jacques MANYA