« Pourquoi tant de folies ? »

Sous ce titre, Jean-Marc PUJOL, maire LR (Les Républicains) de Perpignan, président de la Communauté Urbaine Perpignan Méditerranée Métropole (PMM), a vivement réagi sur son blog aux attaques terroristes qui ont touché les communes de Carcassonne et de Trèbes, ce vendredi 23 mars 2018…

 

« A nouveau, le terrorisme a frappé en France. Cela s’est passé ce vendredi en fin de matinée. Pas à Paris, pas dans une de nos grandes agglomérations, mais dans un département voisin du Pays Catalan, celui de l’Aude, à Carcassonne plus précisément, puis à Trèbes, juste à côté. Le terrorisme s’est invité en zone rurale, là où on ne l’attendait pas, ou plutôt là où on n’aurait jamais imaginé qu’il puisse sévir, tuer : dans une ville à taille humaine et dans nos paisibles campagnes. Le bilan est lourd : trois morts, autant de blessés.
Un fou, je ne vois hélas pas d’autre appellation possible, se revendiquant de Daesh, a surgi de nulle part. Ou presque. Il a d’abord volé un véhicule, puis tué l’un des passagers dans sa fuite. Il a tiré sur quatre CRS en civil qu’il a pris pour cible tandis que ceux-ci effectuaient un jogging. Puis, quittant Carcassonne, il s’est rendu non loin de là, à Trèbes, pour prendre en otages le directeur, le personnel et les clients d’un supermarché.
Dès la première heure, on apprenait par les médias que l’auteur de cette prise d’otages, abattu en début d’après-midi, était fiché par les services de Renseignements, et depuis bien longtemps, depuis 2013. Le Premier ministre Edouard PHILIPPE n’a pas hésité à reconnaître, pratiquement dès le départ : « tout laisse à penser qu’il s’agirait d’un acte terroriste »… Et dans l’après-midi, après l’assaut du GIGN, l’organisation Etat islamique (Daech) a revendiqué cette attaque.
Ce nouvel acte terroriste vient nous démontrer, s’il le fallait, qu’on ne pourra jamais placer tous les Français sous protection policière. C’est la France qui est certes visée, ce sont les Français qui sont l’objet de la vindicte et de la haine de fondamentalistes musulmans « fous-furieux » qui nous considèrent tous comme des ennemis. Que nous vivions à Toulouse, à Paris, à Nice… ou à Carcassonne et à Trèbes.
Depuis le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, certains – je pense notamment à tous ces intellectuels qui eux ont un profond respect pour l’Islam – ont le sentiment de vivre une vie en sursis. Face à ces assassins, nous ne devons pas baisser les bras. Jamais ! Nous devons au contraire serrer les coudes, continuer d’avancer en tant que Démocrates, continuer de porter la République comme notre destin collectif.

 

Devant cette barbarie, cette lâcheté, la peur et la haine de l’autre ne doivent surtout pas modifier notre pensée, notre liberté d’expression, notre « vivre ensemble », mais nous devons également voir la réalité en face, à savoir que nous avons laissé prospérer ces ennemis de la France dans nos écoles, dans nos quartiers, dans nos villes… Nous les avons laissé faire, c’est-à-dire : harceler et insulter les Musulmans qui n’étaient pas des radicaux comme eux, qui ne pratiquaient pas la religion comme eux. Nous devons maintenant résister pour une prise de conscience collective du danger face aux attaques contre les valeurs de la République. Le débat concerne toute la nation.
Mon entier soutien va aux gendarmes, à toutes les forces de l’ordre qui ont courageusement affronté ce nouvel acte terroriste. J’ai bien sûr une pensée profonde pour les victimes et leurs familles ».