Quand les extrêmes se rejoignent !…

Il sera difficile désormais à MM. Jean-Paul Alduy (UMP) et Jean-Marc Pujol (UMP), respectivement sénateur-président de l’Agglo PMCA (Perpignan Méditerranée Communauté d’Agglomération) et maire de Perpignan, de dire « Qu’ils ne savaient pas ! », lorsqu’ils devront rendre des comptes au niveau national auprès de Jean-François Copé, secrétaire de l’UMP, à propos du cas de plus en plus encombrant de leur candidat Jean-Louis de Noëll (JLdN), sur le canton du Bas Vernet (Perpignan IX).

Récemment, Jean-Louis de Noëll confessait, dans les colonnes du journal L’Indépendant, que s’il avait quitté le Front national (FN) – dont il fut le patron de la fédération départementale (1995-98), la tête de liste « frontiste » aux municipales de 1995 à Perpignan, candidat aux législatives, à des cantonales… toujours sous la bannière FN – c’est parce qu’il avait été victime d’une chasse aux sorcières, de menaces, etc-etc. Mais, très étonnamment, dans sa repentance, il n’a jamais été question pour JldN de se désolidariser des idées « frontistes » ; il n’a jamais dit, écrit, insinué, qu’il avait quitté le FN parce qu’il n’était plus d’accord avec la pensée idéologique du mouvement de Jean-Marie Le Pen…

Pour preuve, hier après-midi, dans la cité des Oiseaux, au Bas Vernet justement, la surprise fut grande pour l’équipe du candidat FN, Louis Aliot, en train de tracter, lorsqu’elle tomba pratiquement nez à nez avec d’anciens collègues (de la grande époque « frontiste » avant la scission entre les « Lepénistes » et les « Mégretistes »…), aujourd’hui (pré)occupés à faire la promotion sur le terrain du candidat… de l’UMP, Jean-Louis de Noëll, himself !

Cela ne s’invente pas. C’est Jean-Claude Pinget, 63 ans, avocat toujours inscrit au Barreau de Dinant (en Belgique), arrivé sur le sol roussillonais en 1989 dans les bagages « frontistes » de Pierre Sergent, qui raconte sur un blog : « Je faisais campagne pour M. Louis Aliot, rue Maupassant près de la cité des Oiseaux, vers les 16 heures, ce jeudi 17 mars, lorsque je me suis retrouvé en présence d’un groupe de mercenaires, 7 à 8 personnes, qui distribuait le programme du candidat de l’UMP, M. De Noëll. Par pure curiosité, je me suis rapproché du groupe, mais il me semblait bien avoir reconnu une vieille connaissance. C’était en effet M. François Pelletant. Je ne m’étais pas trompé, c’était bien lui au milieu, en train de cornaquer la piétaille pour De Noëll. Je ne pouvais pas l’oublier, car nous avions été ensemble au FN des Pyrénées-Orientales dans les années 90. D’autant qu’à cette époque Pelletant avait été détaché du « paquebot » (NDLR. « employé par le FN depuis Paris »), pour diriger et en même temps surveiller De Noëll qui nous venait du Parti Républicain… Pelletant a quitté le FN dans la bourrasque « Mégretiste » (NDLR. « pour Bruno Mégret »).  Je crois qu’il est maintenant dans le Gard, où il exercerait la profession d’agent immobilier… Au plan politique, on peut dire que François Pelletant est tout sauf un homme de gauche ! D’ailleurs, lui le plus extrémiste d’entre nous, à l’époque où nous étions ensemble au FN, on m’aurait dit qu’il se trouvait là, au Bas Vernet, pour faire la campagne de M. Aliot, je l’aurais compris… C’est un homme de terrain, un fin stratège qui avec un marqueur vous dessine une carte électorale en moins de deux. D’ailleurs, tout ce que j’ai appris pour faire une campagne sur le terrain, je le tiens de lui… Il est un très bon meneur.  C’est amusant de retrouver des « Mégrétistes » à Perpignan, venus faire campagne pour le candidat de l’UMP, Jean-Louis de Noëll. Pour quelqu’un qui se targue partout aujourd’hui d’avoir claqué la porte de l’extrême-droite, s’entourer d’anciens du FN pour sa campagne électorale, il faut avouer que ce n’est pas banal, non ? ».