(Communiqué)

 

Pour information le mail envoyé aux députés français signataires d’une tribune paru dans le quotidien « Le Monde » cette semaine

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/27/l-union-europeenne-voudra-t-elle-se-regarder-dans-le-miroir-de-l-etat-de-droit-que-lui-tend-la-catalogne_6067738_3232.html

 

 

« Mesdames les Députées, Messieurs les Députés,

Nous nous permettons de vous envoyer ce mail en réponse à votre tribune du 27 janvier dernier relative à l’Etat de droit en Espagne.

Nous vous précisons que notre association apolitique est immatriculée à Lausanne en Suisse et compte parmi ses membres des Espagnols (Catalans ou non), Belges, Suisses, Français etc…

Nous luttons contre le suprémacisme Catalan au sein de l’autonomie en Espagne mais également et surtout en Suisse et en France, pays qui comptent des soutiens envers le séparatisme Catalan pour diverses raisons.

Ce sont les Français qui rédigent ce message, horrifiés de voir le contenu de votre tribune et diverses interventions.

Votre tribune s’intitule :

« L’Union européenne voudra-t-elle se regarder dans le miroir de l’Etat de droit que lui tend la Catalogne ? »

Nous souhaitons tout d’abord vous préciser que la majorité Catalane n’est pas séparatiste et est très attachée à l’Espagne. En témoignent notamment les derniers sondages parus cette semaine, y compris celui effectué par le Centre d’Etudes et d’Opinion du Gouvernement de Catalogne, dont on peut, sans risques, penser qu’il embellit la situation séparatiste. Ne commencez pas s’il vous plaît à contribuer à compliquer la situation en Espagne et le sort des Catalans non séparatistes qui de demandent à vivre qu’en paix comme avant.

Nous ne pouvons qu’être choqués de vous voir ainsi bafouer les droits de la majorité Catalane que nous soutenons. Ceci est déjà révélateur d’un manque total de connaissance de la situation en Catalogne de votre part.

Monsieur le Député Sébastien Nadot a interpellé le 14 janvier dernier Monsieur Clément Beaune, Secrétaire d’Etat chargé des Affaires Européennes. Lors de son intervention, Monsieur Nadot n’a apporté qu’un tissu de contre-vérités en matière juridique concernant les condamnations de Madame Forcadell et Monsieur Junqueras. Ce dernier a été élu député européen bien après avoir été condamné par le Tribunal Suprême d’Espagne. La condamnation ayant précédé l’élection, vous ne pouvez appliquer de rétroactivité en matière de droit pénal, principe bien connu.

Les députés qui ont fui en Belgique (dont Carles Puigdemont) ou en Ecosse ou en Suisse n’ont pas été obligés de se réfugier, comme Monsieur le Député Nadot l’indique, dans un autre état membre mais ont tout simplement voulu échapper à la justice d’un pays de droit, en choisissant bien à l’avance des pays dans lesquels ils savaient qu’ils ne pourraient pas être extradés facilement. S’ils étaient venus en France, tout le monde sait que les accords Franco-Espagnols auraient conduit la France à remettre ces personnes aux autorités espagnoles.

Car tous les gens qui ont été condamnés par la justice espagnole à la suite d’un long procès télévisé et rendu ainsi public, ont consciemment violé la Constitution Espagnole et notamment son article 2 que voici :

Article 2

La Constitution est fondée sur l’unité indissoluble de la nation espagnole, patrie commune et indivisible de tous les Espagnols. Elle reconnaît et garantit le droit à l’autonomie des nationalités et des régions qui la composent et la solidarité entre elles.

Quel est le premier terme suivant République ? INDISSOLUBLE

Voici en regard l’article Premier de notre constitution Française :

ARTICLE PREMIER.

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.

Quel est le premier terme suivant République ? INDIVISIBLE

Au regard de cela, comment pouvez-vous prétendre que ces élus Catalans ont été obligés de fuir l’Espagne ? Violer les premiers articles d’une constitution d’un Etat n’est pas un fait anodin, après les multiples rappels et mises en garde de l’Etat Espagnol.

Quelle serait votre attitude si des députés allemands interrogeaient leur gouvernement au cas où par exemple la région Rhône-Alpes-Auvergne viendrait à voter son indépendance unilatéralement vis à vis de la France et que les élus du Conseil Régional de cette région étaient en fuite en Belgique ensuite ? Croyez-vous que le gouvernement Français laisserait faire sans une action pénale ?

Car vous semblez oublier aussi que les 6 et 7 septembre 2017, un mois avant le référendum illégal et la proclamation unilatérale de l’indépendance de la Catalogne, le parlement de Catalogne, à majorité séparatiste, a voté aussi des lois d’exclusion importantes envers les non-séparatistes qui resteraient vivre dans la Catalogne indépendante.

Le cas de Quim Torra est symbolique d’un président de région qui désobéit à la loi électorale sciemment et malgré les avertissements répétés s’entête et est sanctionné. Individuellement respectez-vous la loi française ? Vos comptes de campagne sont-ils validés ? Pourquoi vous pliez-vous à la loi française mais accepteriez-vous que lui ne respecte pas la loi espagnole ?

Concernant la justice européenne, les propos de votre tribune sont parfaitement erronés là encore. En effet, aucun tribunal d’un quelconque pays de l’UE (Allemagne et Belgique surtout) ne s’est jamais prononcé sur le fond des demandes d’extradition de la part de la justice espagnole. A chaque fois, le refus d’extrader s’est justifié par l’inexistence du délit dans ces pays alors qu’il existe en Espagne.

Les ex-élus en fuite n’ont jamais été condamnés en Espagne car la justice espagnole ne connaît pas la condamnation par contumace, contrairement à la France.

Aucune juridiction de l’Union européenne n’a non plus statué au fond. Le gouvernement Français a rappelé à plusieurs reprises qu’il s’agissait d’affaires internes à l’Espagne et que ce pays était respectueux de la démocratie.

Aucun pays, aucune juridiction, n’ont à ce jour osé prétendre que le droit espagnol ne pouvait s’appliquer envers les leaders séparatistes emprisonnés après procès équitable ou en fuite. Car chaque pays est souverain en la matière. Il n’existe pas de justice pénale européenne, nous en sommes très loin et cela n’arrivera sans doute jamais.

TOUT CECI REPRESENTE T’IL VOTRE ETAT DE DROIT A LA CATALANE ?

Nous vous apportons quelques précisions supplémentaires au regard de votre appréciation de la démocratie espagnole. Dans ce pays :

– les leaders séparatistes en prison sont quasiment tous sortis hier et avant-hier de prison pour la campagne des élections de Catalogne le 14 février prochain : serait-ce possible en France ? NON

– Monsieur Jordi Cuixart, de l’association séparatiste Omnium Cultural, a conçu un enfant en pleine détention, ce qui est très sympathique humainement : est-ce possible en France ?

– les élus en prison ont donné des conférences de presse et fait campagne depuis leurs prisons : est-ce possible en France ? NON

– le 16 mars 2019, une manifestation séparatiste Catalane a eu lieu à Madrid sans aucune opposition du gouvernement espagnol (au moins 20 000 personnes s’y sont rendus) et sans aucune violence. Une manifestation du FLNC aurait-elle été possible à Paris : NON

– le 1er octobre 2017, jour du référendum illégal, aucun mort à déplorer en raison des violences policières espagnoles; aucun mort depuis le début du conflit. Combien de morts dès les premières journées des gilets jaunes ?

– les associations séparatistes ANC et Omnium Cultural ont-elles été dissoutes par le gouvernement Espagnol ? NON – en France, le gouvernement a récemment fait dissoudre des associations facilitant le séparatisme islamique et surtout a déjà procédé à la dissolution d’associations séparatistes catalanes dans les Pyrénées Orientales.

– beaucoup de maires ont enlevé le drapeau espagnol du fronton des mairies sans aucune conséquence : Accepteriez-vous en France ? NON

La liste peut se compléter encore et encore, l’Espagne est classée devant la France, votre pays, notre pays, en matière de respect de la démocratie.

Nous pensons que vous ne connaissez vraiment rien au sujet. La rencontre le 30 novembre dernier entre Monsieur Nadot et Monsieur Torrent, Président par intérim de la Catalogne, ne fait pas état le moins du monde d’échanges avec des personnes non séparatistes catalanes ou dites constitutionnalistes espagnoles non catalanes.

Connaissant le très haut niveau d’endoctrinement de la part du séparatisme Catalan, usant des mêmes méthodes de propagande et de victimisation que les Frères Musulmans, nous ne pouvons qu’être choqués de vous voir écrire que les citoyens Français puissent être représentés par des individus qui bafouent les lois de leur pays et n’ont pour but que de semer le désordre en Europe. Et qui sont aussi profondément xénophobes. Les exemples notamment de l’ex-Président destitué Quim Torra et d’autres membres du gouvernement Catalan sont malheureusement bien nombreux, jamais démenti par Carles Puigdemont lui-même.

Et il faut sans doute vous rappeler ou vous apprendre que le but du séparatisme Catalan est la création de ce qu’ils appellent les ‘Pays Catalans’ qui iraient de Guardamar del Segura au sud d’Alicante jusqu’à Salses le Château, commune la plus au nord des Pyrénées-Orientales. Dans les écoles maternelles et primaires dans ce département, des cours de catalan sont à présent dispensés de façon obligatoire par une association composée de séparatistes. Les cours de catalan pour adultes sont pour leur part dispensés par Omnium Cultural Nord… Comme en Catalogne, tout commence par l’éducation, comment sera le département dans vingt ans ?

Nous souhaitons que vous puissiez avoir plus de lucidité dans vos propos et étudier mieux le dossier qui impacte la France dans son unité en tant qu’Etat. Et cela, soyez assurés que jamais nous ne le laisserons faire.

Vous remerciant pour votre lecture, veuillez recevoir, Mesdames les Députées, Messieurs les Députés, l’expression de nos salutations distinguées ».

Les Français de l’association

 

(Copie de ce mail est envoyé à Monsieur le Président de la République Française, à Monsieur le Premier Ministre, aux membres du gouvernement Français, au Président du Sénat, au Président de l’Assemblée nationale et sera diffusé sur notre page Facebook France et générale; et plus généralement sera largement diffusé sur les réseaux sociaux).