Sondages et premières projections créditaient la liste « Junts pel Si » (« Unis pour le Oui ») conduite par le président sortant de la Generalitat de Catalogne, Artur MAS (Centre Droit), de 66 à 72 sièges, la majorité absolue au parlement catalan étant de 68 sièges (/135) … A l’arrivée, cette liste, en fait une coalition qui rassemble les nationalistes de droite (CiU) et de gauche (ERC), pourrait n’obtenir que 62 sièges (soit son plus mauvais score à des élections régionales depuis… 1983 – comparativement en cumulant toujours CiU et ERC).

C’est-à-dire bien loin des 66 à 72 sièges annoncés avant le référendum. Certes, pour être juste dans l’analyse, il faut ajouter au camp des indépendantistes catalans les voix apportées par le parti CUP (Candidatures d’Unité Populaire), laquelle formation politique décroche au final 10 sièges. Additionnés au 62 sièges de « Junts pel Si », cela donne à Artur MAS la majorité absolue. Seulement voilà, il y a un hic de taille : les dirigeants de CUP ont toujours déclaré qu’ils « ne gouverneront jamais avec Artur MAS » !

Cela veut dire que 135 sièges – 10 (ceux de CUP) = 125 sièges, soit plus précisément 63 pour détenir une majorité absolue dans ce scénario là. Avec seulement 62 sièges, « Junts pel Si » loupe une majorité absolue de… 1 siège ! On comprend mieux pourquoi ce soir à Madrid les analystes espagnols crient « Victoria »… De plus, les indépendantistes sont minoritaires en voix lorsque on collecte tous les résultats.

On le voit, le chemin vers l’indépendance est déjà semé d’embûches et d’obstacles, avant même que la voie pour gouverner soit ouverte. A moins qu’Artur MAS, face à ce résultat personnel calamiteux sorti des urnes, ne se décide à jeter l’éponge et à laisser sa place à une autre personnalité de premier plan, favorable à l’indépendance ?… Ce serait un comble de voir partir, s’effacer, celui qui depuis des années ne vit (politiquement s’entend) que pour ça : Independencia !