Alors que soi-disant les Français auraient soif de décentralisation, en Espagne – pays où la régionalisation est la plus avancée au monde avec pas moins de dix-sept communautés autonomes – on assiste à un phénomène totalement inverse : en effet, si pour 63% des Français et 62% des Italiens, « l’Etat a trop de pouvoir », les Allemands et les Espagnols sont nettement plus partagés. En Allemagne, ils ne sont que 37% à trouver « l’Etat omnipotent » ; et en Espagne, la proportion de gens qui trouvent que « l’Etat n’a pas assez de pouvoir » grimpe à 38%, contre 12% en France.

En France, les sympathisants du PS sont les plus nombreux (74%) à vouloir renforcer les régions…

Les Espagnols sont désormais – période de crise et besoin de solidarité obligent ? – très critiques sur l’échelon régional, puisque un sur deux (51% très exactement !) trouve « que la région a trop de pouvoir » (contre 28% « pas assez » )… Alors que l’appréciation est inverse en France : 62% en veulent plus pour la région, contre 15% « moins ». Dans le détail, les sympathisants du Parti socialiste (PS) sont les plus nombreux (74%) à vouloir renforcer les régions, contre 43% pour les proches de l’UMP ; lesquels trouvent (à 63%) que l’Etat « doit conserver ou accroître ses prérogatives (…) ».

C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée par l’Institut IPSOS pour le compte de l’Association des régions de France (ARF), dirigée par le président de la région Aquitaine, Alain Rousset (PS), qui tient depuis hier et jusqu’à aujourd’hui son congrès annuel à Tours. L’étude a été menée dans quatre pays : Allemagne, Espagne, France et Italie.

48% des Espagnols veulent moins d’autonomie dans les régions

A la question « Souhaitez-vous plus d’autonomie pour les régions ou les Länder ? » : les Français et les Italiens en souhaitent effectivement davantage, respectivement à 67% et à 63% ; alors que les Allemands sont plus réservés (46%) et les Espagnols majoritairement réticents : 31% veulent « davantage d’autonomie régionale » contre 48% « moins ».