Le dimanche 26 mai dernier, à Barcelone (Espagne), en même temps que les élections européennes, avaient lieu les élections municipales. Ada COLAU (Podemos – formation politique qui pourrait être comparée à La France Insoumise de Jean-Luc MéLENCHON), la maire en place depuis 2015 était candidate à sa propre succession

L’élection se déroulant à la proportionnelle et à un seul tour, Ada COLAU et son adversaire direct, Ernest MARAGALL, tête de liste des Indépendantistes de l’ERC (Esquerra Republicana de Catalunya = la Gauche Républicaine de Catalogne), sont arrivés en tête, avec un avantage au candidat de l’ERC qui a rassemblé sur son nom 160 659, tandis que la maire sortante attirait 150 862 Barcelonais… Moins de 10 000 voix d’écart entre les deux dans la capitale cosmopolite de la région espagnole de Catalogne peuplée de 1 650 000 habitants. Ce qui donne dix sièges à Podemos et dix sièges à l’ERC. Traditionnellement, c’est le parti arrivé en tête au nombre de sièges qui remporte l’élection. Seulement voilà, dans ce cas de figure il y a aujourd’hui égalité entre Podemos et l’ERC.

Les tractations ont donc démarré dès le lendemain, au sein des deux camps, pour tenter de mettre en place la plus large coalition possible avec les autres partis afin de gouverner la ville.

Au soir du 26 mai 2019, les partis indépendantistes, dont est issu Ernest MARAGALL (avec Convergència et la CUP)  rassemblent quinze sièges (et 239 410 voix parmi les suffrages exprimés ; les partis non-indépendantistes seize sièges (et 273 524 voix) dont la liste Ciutadans de l’ancien Premier Ministre de François HOLLANDE, Manuel VALLS arrivé en 4e position mais qui a six sièges, derrière le PSOE (huit sièges) et le Parti Populaire (deux sièges).

Entre les deux camps, la maire de Barcelone Ada CALAU (Podemos) a recueilli 150 862 voix, ce qui lui permet donc de compter sur 10 sièges.

Hier, en conférence de presse, Manuel VALLS a été clair : « La politique c’est souvent devoir choisir la moins mauvaise des solutions (…) ». Il a effectivement clairement laissé entendre qu’il fera tout pour « faciliter l’investiture d’un/ d’une maire non-indépendantiste, sans rien demander en échange (…) ».

A partir de là, si le bloc des non-indépendantistes décide de faire un front commun c’est Ada COLAU qui est assurée de retrouver son fauteuil de maire de Barcelone… à 1 voix près !

Mais attention, les tractations, surtout à Barcelone, peuvent réserver des surprises de taille. Si, sur le papier, tout semble se dessiner en faveur de la maire sortante, le « papier électoral » est loin d’être réglé comme du « papier à musique », même si l’on croit connaître la chanson !

Enfin, à regarder de plus près les résultats du dimanche 26 mai 2019, par rapport aux élections municipales précédentes à Barcelone, en 2015, en nombre de voix le camp des indépendantistes (ERC + Convergence + CUP) perd 56 506 voix, passant de 295 916 voix à « seulement » 239 410 aujourd’hui.

Mais c’est surtout le net recul du parti du séparatiste exilé à Bruxelles, Carles PUIGDEMONT, qui interpelle car il a fondu comme neige au soleil selon les résultats publiés avant-hier matin pour passer de 158 928 voix (en 2015) à 78 751 (2019), perdant cinq sièges (de 10 à 5). Dans le même temps, l’ERC réalise une performance spectaculaire : de 76 988 voix (en 2015) à 160 659 voix (dimanche dernier) et devenant la 1ère force politique barcelonaise en nombre de voix et de sièges (à égalité avec Podemos d’Ada CALAU). Mais dimanche dernier, les indépendantistes catalans ont vu leur influence au sein du nouveau Conseil municipal de Barcelone réduite à 15 sièges (contre 18 dans la précédente assemblée communale).

Pendant ce même laps de temps, les formations politiques barcelonaises non-indépendantistes ont elles engrangé + 67 688 voix, ce qui se traduit par quatre sièges supplémentaires au sein du Conseil municipal de Barcelone.

Ada CALAU et Podemos perdent en revanche 25 475 voix par rapport au scrutin de 2015 (soit -1 siège au Conseil).

A l’évidence, la fuite à l’étranger du nationaliste catalan Carles PUIGDEMONT – soutenu entre autres personnalités  dans les P-O par Romain GRAU, député LaREM de la 1ère circonscription des P-O, Raymond BRUNET, président de l’UPE’66, Jean-Paul ALDUY, l’ancien sénateur-maire de Perpignan, Me Pierre BECQUE, ex maire de Banyuls-sur-Mer) – s’avère être un désastre historique pour JuntsXCat (« Ensemble pour la Catalogne »).

 

 

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