La coalition « Barcelone en commun » – alliance de plusieurs partis de gauche jusqu’à l’extrême intégrant notamment la jeune formation antilibérale PODEMOS, portée par le souffle national en Espagne du mouvement Les Indignés – est arrivée en tête, hier dimanche 24 mai 2015, à Barcelone, remportant ainsi 12 sièges, contre 10 sièges seulement pour le maire sortant, Xavier Trias (centre-droit), qui était en place depuis le 1er juillet 2011, 5 sièges pour la formation centriste Ciudadanos et 4 sièges pour le Parti SOcialiste Catalan (PSOC).

La nouvelle maire de Barcelone, Ada Colau, est âgée de 41 ans. Rendue célèbre par sa lutte contre les expulsions de familles frappées par la crise, ses premières mesures devraient concernées l’urgence sociale, l’instauration d’un revenu minimum et la lutte contre le tourisme massif qui ses dernières années a défiguré la capitale catalane, empoisonnant le quotidien de nombreux Barcelonais. Ada Colau est également militante d’une association qui s’occupe de familles endettées.

Dès hier soir, Ada Colau a annoncé qu’elle ramenait son salaire de maire de Barcelone à 2 200€ (son prédécesseur qui a reconnu sa large défaite touchait lui environ 10 000€ !).

Désormais, l’indépendance de la Catalogne n’est plus une priorité pour les élus barcelonais qui ont choisi par ce vote radical – on parle localement de « séisme », de « coup de tonnerre » – de se recentrer sur l’économie, le social et l’environnement.

Les rapports entre les villes de Perpignan et Barcelone souffriront de ce changement, inévitablement, car les élus perpignanais issus de la Majorité municipale de droite (UMP-UDI-Unitat Catalana…) n’ont plus aucun lien privilégié avec la nouvelle équipe qui s’apprête à prendre les commandes de Barcelone. Perpignan-la-Catalane devra donc forcément revoir sa copie en ce qui concerne ses relations avec Barcelone. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre, et le maire de Perpignan, Jean-Marc Pujol, devra s’appuyer sur d’autres gens, déjà au sein de son équipe municipale, pour tisser de nouveaux liens, pour en tout cas définir un relationnel autrement… Le vote d’hier à Barcelone est un véritable camouflet pour les deux formations nord-catalanes de centre-droit :  Unitat Catalana (UC) et Convergence Démocratique de Catalogne (CDC).

(captures d’écran BFMTV)