Une délégation du Collectif pour la sauvegarde de la baie de Banyuls, composée de Michel Surroca, coordonateur du Collectif, Patrick Médina, conseiller municipal d’opposition, Dominique Baudry, président de l’association Générations Banyuls, a été reçue, à sa demande, le lundi 27 mai par Serge Pallares, président de la Commission « Développement économique durable » du Parc Naturel Marin (et par ailleurs Président de la Fédération française des ports de plaisance), et Paul Mignon, directeur délégué du Parc.

En préambule, Serge Pallares a rappelé la démarche de création du Parc Naturel Marin du Golfe du Lion voulue par son président, Christian Bourquin, par ailleurs sénateur des P-O et président de la Région Languedoc-Roussillon.

Cette démarche appelle les acteurs du Parc à la concertation la plus large. La réussite de cette entreprise étant à ce prix. Il a rappelé que « l’objectif du Parc avait deux volets : le premier étant la préservation de l’Environnement de Leucate à Cerbère, de ses ressources, de ses paysages ; le second étant le développement durable de l’économie liée au Parc et donc des emplois« .

 

Il a souligné « l’état du port de Banyuls qui nécessite d’urgence une réhabilitation de ses pontons au risque d’une fermeture administrative ». Il estime, « au regard de l’importance des travaux à engager et de la probable impossibilité pour la Commune d’y faire face seule, que seule une DSP (délégation de service public) peut prendre en charge la gestion du port et effectuer les travaux ».

 

Le Collectif pour la sauvegarde de la baie de Banyuls affirme que Serge Pallares « s’est montré réservé sur l’extension du port car, pour lui, un anneau supplémentaire devrait entraîner un emploi supplémentaire. Est-on dans cette réflexion à Banyuls ? ».

 

Paul Mignon a insisté sur le rôle qui est celui des administrateurs du Parc qui est de veiller à la mise en place des objectifs fixés sans interférer avec les débats locaux et les choix politiques faits par les élus des territoires, surtout dans la période pré-électorale dans laquelle nous entrons.

 

Pour leur part, les membres de la délégation du Collectif ont rappelé, tout en manifestant leur accord sur la nécessité de réhabiliter le port actuel, ce qui avait motivé leur demande à être reçus par la Commission, à savoir les inquiétudes d’une grande majorité des Banyulencs quant au projet d’extension du port de plaisance : inquiétude sur la taille du projet qui menace de défigurer la baie ; inquiétude sur le risque d’inondation des bas quartiers en cas de coup d’est lié à un épisode pluvieux ; inquiétude sur le risque d’étranglement du vase d’expansion de la rivière Ballaury et d’ensablement de la baie et de la plage ; inquiétude sur la préservation de l’environnement marin : présence de posidonies à l’entrée du nouveau port, de la grande nacre…

 

La délégation a souligné que « ces inquiétudes étaient le fruit de la méthode autoritaire choisie par le maire de Banyuls qui a écarté toute concertation et consultation de la population – ce qui est en contradiction avec la méthode du Parc marin ».

 

Elle a montré « comment l’absence de travaux d’entretien du port depuis sa création en 1968 par les municipalités successives a conduit à la situation actuelle pouvant aller jusqu’à sa fermeture ».

 

Les représentants du Parc Marin ont attesté, qu’à ce stade, ils n’avaient « pas été consultés par le maire de Banyuls. Seules les entreprises choisies à l’issue de l’appel d’offres lancé par la Ville ont demandé à être reçues pour connaître les conditions et contraintes environnementales liées au projet. Il leur a été répondu que la présence de posidonies à l’entrée du nouveau port interdit d’y effectuer des travaux et que cela n’était pas négociable ».

 

Pour le Collectif pour la sauvegarde de la baie de Banyuls et les Opposants au maire de Banyuls-sur-Mer, il ressort de cette rencontre « que le maire poursuit dans le plus grand secret la « négociation directe » avec l(es) entreprise(s) de son choix ; le projet pourrait avoir été réévalué à la baisse pour pouvoir entrer dans le champ du possible financier pour un éventuel délégataire (DSP) ; le projet doit être compatible avec les contraintes environnementales notamment tenir compte de la présence des posidonies ; le Parc Naturel Marin sera nécessairement consulté sur le projet et donnera son avis sur sa faisabilité ».

 

Serge Pallares et Paul Mignon ont évoqué la proximité des élections municipales pour dire « qu’il était impossible d’envisager que le projet puisse démarrer avant et qu’il fallait près de 4 années pour que les études soient menées à bien avant tout début des travaux ».