« Mesdames, Messieurs les élu(e)s du conseil municipal d’Argelès-sur-Mer.

D’ici à quelques semaines, il vous sera proposé de désigner un nouveau maire. En effet, à l’inverse des principes républicains appliqués par Jean CARRèRE, Pierre AYLAGAS a décidé, seul, de mettre un terme à son mandat de maire et d’imposer, seul, son successeur à la population d’Argelès. Cet acte représente, bien sûr, un déni de démocratie mais il est avant tout, aussi, une preuve de faiblesse de sa part.

Pour mémoire, je rappelle que Jean CARRèRE est allé au bout de son dernier mandat de maire (1995/2001). En 2001, c’est tout naturellement que Pierre AYLAGAS, s’est présenté publiquement devant les électeurs comme tête de liste. Les citoyens d’Argelès-sur-mer l’ont élu démocratiquement, en toute transparence sachant que celui-ci serait leur maire pour les 6 ans à venir. Et bien sûr, c’est le suffrage universel qui lui a donné toute sa légitimité.

Cette décision sera pour chacun d’entre vous difficile à prendre, je le concède, car elle n’est conforme ni au programme municipal 2014/2020, ni à la profession de foi, seul document officiel, envoyé à tous les électeurs argelésiens lors des municipales de 2014.

Dans aucun de ces documents, Pierre AYLAGAS n’a cité, mentionné, son intention de démissionner de maire en cours de mandat, ou passer la main. Vous pouvez relire sa profession de foi.

La désignation d’un nouveau maire, fin mars 2016 par le conseil municipal, mais en dehors de la vérité du suffrage universel sera lourde de conséquences pour l’avenir de notre commune. Ce choix, qui fragilise notre bien le plus précieux, notre démocratie locale, pourrait écarter et pour longtemps, les sensibilités politiques que nous représentons de la gouvernance de notre commune et ce dès 2020.

Pour mémoire, je vous rappelle que la fonction de maire m’a été proposée par Pierre AYLAGAS avant qu’il ne la propose à Antoine PARRA. Naturellement je l’ai refusée et je peux citer mot pour mot ma réponse « Il n’y a qu’une façon de devenir maire, le bulletin de vote des Argelésiens ». J’ai refusé cette proposition par respect, moralité et par honnêteté car je considère que ce serait blesser les argelésiens au plus profond d’eux même que d’ignorer, par cette manipulation, leur bulletin de vote. Ce changement de maire en cours de mandat, témoigne aussi du peu de considération, voire de mépris des électeurs argelésiens qui ont élu Pierre AYLAGAS maire en 2014.

En aucun cas, un mandat de maire ne débute par un mensonge. Les électeurs d’Argelès et d’ailleurs, sont lassés, révoltés par de telles manœuvres, et ils expriment souvent ce « ras le bol » par un vote de plus en plus favorable au FN. Cette stratégie électorale mortifère, ce tour de passe-passe qui vous est dicté, vous fera dilapider le capital le plus précieux que l’on possède ici à Argelès depuis de nombreuses années : « la confiance de la population ». Cette confiance, qui a été la base de nos victoires municipales obtenues en 1983, 1989, 1995, 2001, 2008, 2014.

Et comment Pierre AYLAGAS peut-il écrire, dans sa profession de foi des municipales de 2014, puis dans le dernier journal municipal « Granote » N°126 de février 2016 page 13 : « Maire le plus beau mandat », plus loin « de tous les mandats celui de maire est le plus beau, le plus captivant, le plus intense, etc… ».  Alors pourquoi le quitte-t-il ? Rien ne l’y oblige, puisqu’il ne sera plus député au printemps 2017. En tout cas ce n’est pas une question de cumul de mandats, puisqu’il veut rester président de la communauté de communes.

De plus, posons-nous la question: Antoine PARRA est-il exemplaire ? Est-il le maire que souhaitent, désirent les Argelésiens?

Seul le bulletin de vote de chacun des 9 698 électeurs argelésiens peut le décider.

Nous savons tous, que le renouvellement politique n’est en aucun cas lié à l’âge du candidat, mais à sa compétence, son projet, son ambition pour notre commune, son travail, son exemplarité de militant et de citoyen respectueux de toutes les lois de notre République, et sans aucun conflit d’intérêts personnels et publics.

Comment en sommes-nous arrivé là ? Le fruit d’un, lamentable arrangement accepté par Pierre AYLAGAS sous la menace d’Antoine PARRA, de se présenter contre lui lors de la primaire socialiste pour l’élection législative de 2012, sur le dos des militants socialistes d’Argelès, et de tous les Argelésiens aujourd’hui. Même avec un minimum de voix, l’éventuelle candidature de PARRA permettait l’investiture socialiste puis à coup sûr le poste de député à Robert GARRABé, maire de St-Jean-Pla-de-Corts.

Surtout, gardons en mémoire les résultats importants et inquiétants du FN lors des dernières élections départementales et régionales sur Argelès. Ce parti est aux portes de notre mairie, si vous ne réagissez pas et acceptez d’approuver cette décision, vous lui donnerez les clés.

Il est indispensable que les élus aient un comportement exemplaire, conforme à leurs engagements, à la parole donnée. Il va de soi, que si vous validez la décision qui vous est imposée, Argelès sera montrée du doigt, moquée et plus encore méprisée.

Et vous, élus argelésiens, si vous pensez sortir indemnes de ce pitoyable épisode municipal, la réponse ne fait aucun doute. C’est NON. Les argelésiens n’ont pas la mémoire courte. S’ils sont trompés, trahis, manipulés, ils ne l’oublieront pas. Comment pourrait-il en être autrement ?

La politique ce sont des valeurs, humanistes, de liberté, de justice, de respect, de courage, mais aussi des histoires d’amitié, de générosité entre des hommes et des femmes d’un même village, comme nous ici à Argelès, au service de projets communs pour l’intérêt général.

Nous devrons nous rassembler autour de ces valeurs, de notre idéal démocratique qui ont fait, qui font Argelès et nous obligent pour un avenir citoyen et républicain.

Ce défi nous pouvons, nous devons, nous allons le relever ensemble dès maintenant, et pour les élections municipales de 2020 devant le suffrage universel ».

Charles CAMPIGNA

(Socialiste – ancien adjoint de la Ville d’Argelès-sur-Mer délégué à l’Agriculture, aux Sports…)