PHOTO CI-DESSUS : Lors de la réunion à Argelès-sur-Mer, les deux députés avec Michel Guallar, président de la chambre d’Agriculture des P-O, et Roland Noury, viticulteur et maire de Saint-Jean Lasseille.

 

Ils étaient nombreux, vendredi dernier, à Argelès-sur-Mer, les viticulteurs et leurs représentants, présidents de caves coopératives autour de Pierre Aylagas (PS), député-maire d’Argelès-sur-Mer et de Jean-Paul Dupré (PS), député-maire de Limoux (Aude).

De la Côte Vermeille, des Albères, des Aspres, Michel Guallar, président de la chambre d’Agriculture des Pyrénées-Orientales, Jean-Louis Salies, président du CIVR (Comité interprofessionnel des vins du Roussillon), Fabrice Rieu, son vice-président : tous étaient là pour entendre, débattre, s’organiser face au danger qui menace l’ensemble de la viticulture du Midi et, plus largement, la viticulture française.

Jean-Paul Dupré a développé son discours en trois temps : De quoi s’agit-il ? Comment en est-on arrivé là ? Et maintenant que faire ?

De quoi s’agit-il ? De la libéralisation prévue dès le 1er janvier 2016 des droits de plantation en matière de vignes. En clair, cela signifie qu’à compter de cette date, tout un chacun en Europe, pourra planter de la vigne, où il voudra et autant qu’il le voudra…

Coment en est-on arrivé là ? C’est en 2008 que la Commission européenne, dans sa vision libérale des marchés, a décidé cette mesure qui doit prendre effet au 1er janvier 2016. Michel Barnier, ministre de l’Agriculture de l’époque, avait donné son plein accord, sans en mesurer les effets pervers pour notre viticulture. Depuis, les pays producteurs – dont la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie… – font front commun pour s’opposer à ce projet. Malheureusement, la totalité des pays producteurs représente 215 voix… la majorité en requiert 255 ! Et il parait peu probable que l’on parvienne à convaincre un ou deux pays non producteurs de se joindre à nous.

Et maintenant, que faire ? L’espoir aujourd’hui, pour contrer les effets dramatiques de cette mesure, serait d’intégrer cette question dans la réflexion de la réforme de la PAC (Politique agricole commune), avant fin 2012 ! Période à laquelle doit intervenir l’accord entre le Conseil et le Parlement européen sur ce sujet. L’urgence est évidente !

C’est dans cet esprit que Pierre Aylagas a proposé à son homolohue du département voisin de l’Aude, de créer rapidement à l’Assemblée nationale, un groupe issu des rangs de la Majorité, « le plus nombreux possible », sensible à cette question. L’objectif est de presser le gouvernement pour qu’il mette tout son poids dans cette bataille. Il s’est par ailleurs engagé à rencontrer les députés européens socialistes de la région Grand-Sud afin qu’ils oeuvrent, eux aussi à leur niveau, au règlement de cet épineux problème. Le combat promet d’être rude mais les viticulteurs ont la certitude que Jean-Paul Dupré et Pierre Aylagas seront à leurs côtés.