Hier en début d’après-midi, en sa mairie d’Argelès-sur-Mer, le député Pierre Aylagas (PS) a tenu une conférence de presse concernant le secteur de la Santé dans la 4ème circonscription, après la validation par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, du transferts de lits d’établissements sanitaires de Banyuls-sur-Mer et Cerbère vers Perpignan.

Pierre Aylagas était entouré des maires d’Amélie-les-Bains (Alexandre Reynal, PS), d’Arles-sur-Tech (René Bantoure), de Cerbère (Jean-Claude Portella, PS), de Collioure (Michel Moly, PS), de Port-Vendres (Jean-Pierre Roméro, UMP)…

En soirée, en découvrant l’existence de ce rendez-vous en écoutant les actualités régionales télévisées, le maire de Banyuls-sur-Mer, Jean Rède (UMP), s’est dit « surpris, choqué et furieux » de ne pas « avoir été invité »… Il promet une vive réaction dans la journée de ce mardi 3 décembre 2013 avec des déclarations fracassantes : « Car cela suffit maintenant, nous ne pouvons pas laisser dire n’importe quoi ! Cela fait des mois que nous avons mis un terrain à la disposition pour accueillir un projet d’extension ou de rénovation, et maintenant on voudrait nous faire croire qu’on n’a pas joué le match… C’est faux, archi-faux !, je m’insurge contre cette décision, contre ce choix de transfert de lits irresponsables qui va foutre en l’air toute un pan de l’économie locale (…). Je suis très remonté, très en colère (…) ».

Retour sur la conférence de presse. En résumé, fort du soutien de l’ensemble des élus locaux concernés de la 4ème circonscription des P-O, Pierre Aylagas est passé à l’offensive : « La Droite acceptait de délocaliser nombre de lits et donc d’emplois du secteur de la santé en Côte Vermeille et du Vallespir sur Perpignan, car n’oublions pas dans ce dossier que c’est la Droite au gouvernement qui l’a décidé. Nous, à Gauche, nous proposons cette délocalisation avec des compensations. Je sais que certains dans la population, à Banyuls-sur-Mer et Cerbère n’en veulent pas parce qu’ils n’y croient pas, à nous de leur démontrer quelles peuvent être ces compensations (…). Soit nous acceptons les compensations qui sont proposées, et actées !, soit nous nous engageons dans le combat pour le maintien du statut-quo sans savoir où cela va nous mener (…) ».

Rappelons que les lits qui seront transférés concernent les établissements de santé du Château Bleu, à Arles-sur-Tech ; les services cardiologie et rééducation fonctionnelle du Centre Hélio-Marin de Banyuls-sur-Mer ; et le Centre Bouffard-Vercelli de Cerbère. L’opération devrait être réalisée d’ici à 2016.

Parmi les compensations révélées par Pierre Aylagas : une unité d’une soixantaine de lits d’accueil « longue durée » dans un établissement neuf à Arles-sur-Tech ; la création d’une Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) de 25 lits sur le site de La Mauresque, à Port-Vendres ; le transfert de 60 places de l’actuelle MAS de Banyuls-sur-Mer qui seront déplacées à Cerbère avec la création d’une quinzaine de lits supplémentaires…

Pierre Aylagas veut maintenant convoquer en urgence une rencontre avec tous les acteurs de ce dossier, « en présence notamment de la Directrice de l’ARS (Agence Régionale de Santé)… ».

Visiblement, ces compensations et les arguments avancés hier par le député-maire d’Argelès-sur-Mer n’ont pas convaincu, dans la population en tout cas. Une quarantaine de personnes ont d’ailleurs manifesté leur colère, hier vers 16h, à l’arrivée de Pierre Aylagas sur le site du futur Lycée Emile Combes, pour la pose de la première pierre du projet. Le député-maire d’Argelès-sur-Mer n’a pas hésité à aller à leur rencontre pour une tentative d’explications. En vain, il semblerait. Sur place, c’est à Banyuls-sur-Mer et à Cerbère que la colère gronde le plus.