(Séance publique du Conseil municipal d’Argelès-sur-Mer du jeudi 30 septembre 2021)

 

 

Réponse de Charles Campigna à la question 8 : ouverture de la concertation préalable à la requalification et la recomposition du port de plaisance et de son quartier et à la mise en compatibilité du SCOT Littoral et du Plan Local d’Urbanisme

 

-« En préambule je précise que je n’ai aucun intérêt particulier ou d’éléments dans mes activités passées, présentes ou à venir pouvant mettre en cause mon impartialité. Je ne dois rien au maire actuel, je suis un homme libre.

J’ai une parfaite connaissance de part mon expérience de terrain, du territoire d’Argelès.

La commune ne prend en compte ni le dérèglement climatique, ni le respect de la biodiversité et n’a aucune vision à moyen et long terme de la sécurité des personnes, des biens, de notre environnement et de la qualité de vie des Argelésiens.

Les zones que souhaitent urbaniser la majorité municipale auront de graves conséquences humaines, économiques et matérielles et chacun devra en assumer les conséquences.

Mais ma principale inquiétude qui nous concerne aujourd’hui le secteur de la Prade-Basse et du port.

C’est le désordre et l’incompétence totale de la municipalité sur la mise en place de ce PLU.

Pourquoi cette délibération revient à l’ordre du jour aujourd’hui.

Alors que lors de la délibération de mai, la consultation était prévue le 3 août, puis annoncée par la presse le 6 septembre, elle n’a effectivement pas eu lieu,

Pourquoi ?

Monsieur le maire d’Argelès-sur-Mer, sur une chaîne nationale le 10 août 2021, confirmait l’extension portuaire de 250 anneaux, il est plus que surprenant que cette extension n’ait pas été incluse dans le PLU.

Pourquoi le PLU qui est aujourd’hui sous enquête publique ne prend pas en compte les contraintes et les objectifs de la requalification du port et plus particulièrement les emplacements réservés pour la collectivité ?

Pourquoi l’urbanisation de la Prade-Basse ne fait pas bloc avec l’extension du port ?

On ne peut que s’interroger sur la bonne foi de ce PLU qui devait être modifié inévitablement pour permettre l’extension portuaire envisagée et qui devait préalablement s’accompagner d’une modification du tout récent SCOT de 2020 qui interdit une telle extension et considère que le nombre d’anneaux est suffisant.

PLU de 2017 modifié en 2021 et, éventuellement en 2022, SCOT 2020 déjà à modifier… Quelle valeur peut-on attribuer à ces documents d’urbanisme sans cesse modifiés au gré d’intérêts immobiliers et à des pseudo-concertations imaginaires ?

Je précise que Monsieur le Préfet a donné un avis défavorable de constructions sur tout le secteur de la Prade-Basse et il a raison, aujourd’hui la municipalité a modifié l’implantation des immeubles mais reste constructible dans les mêmes proportions. Un tour de magie municipal.

Dissocier, fractionner, éparpiller, désorganiser, embrouiller, diviser pour mieux imposer une avalanche de béton.

Ce PLU particulièrement concernant le secteur du port et de la Prade-Basse est un PLU de dupes.

Une poule n’y retrouverait pas ses poussins, le désordre est extrême.

Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup.

Et j’invite Monsieur le Préfet, Monsieur le sous-Préfet, les services de l’Etat, d’y regarder de plus près. Je reste à leur disposition pour les informer du danger de cette urbanisation.

Par contre :

En urbanisant le secteur de la Prade-Basse au sud de la rivière de l’Abat qui est une coupure d’urbanisation naturelle et un bassin de rétention naturel, on met en péril tout le secteur de Charlemagne, les deux campings, Front-de-Mer et Sardane et tout le secteur du Racou.

La rivière de l’Abat au sud de Charlemagne présente un danger considérable lors de fortes pluies. Secteur concerné par un risque d’inondations d’aléa fort.

Les habitations au nord de cette même rivière, quartier Charlemagne, par voie de conséquences serrait un véritable drame à la moindre montée des eaux. J’y ai vu plus d’un mètre d’eau sans aucune habitation, imaginez demain avec vos projets d’urbanisation.

Ce projet impacte directement une zone humide, inondable d’aléa fort, donc non constructible, avec aménagements de routes, parkings… donc aucune infiltration des eaux pluviales, et ruissellements importants qui peuvent être catastrophiques.

On n’arrête pas l’eau.

Le SCOT demande d’assurer la protection des espaces naturels et boisés.

La possibilité de réaliser des constructions mêmes minimes, avec l’activité portuaire va obligatoirement imperméabiliser les sols ce qui va par conséquent faire disparaître des zones à protéger limitrophe.

Le 3 juin 2020 Monsieur Chopin, alors préfet des P-O, considérait que l’urbanisation du secteur de la Prade-Basse demeure incompatible avec les dispositions de la loi littoral et doit être retirée. D’autant qu’il ne peut y avoir au-delà du stade Cantona continuité d’urbanisation. C’est la loi.

Aujourd’hui la Municipalité l’a modifié d’une manière encore plus dramatique pour faire un entonnoir tout en gardant les mêmes constructions, ceci n’est pas acceptable.

La plage du Racou fait l’objet d’une attention particulière et le PLU doit permettre de mettre en œuvre les actions à mener à la gestion du trait de côte. Pourquoi le PLU qui devait répondre à cette demande du SCOT n’aborde pas du tout le sujet ?

Le SCOT demande aussi la préservation des herbiers de posidonies jouant un rôle majeur limitant les phénomènes d’érosion et la stabilisation de la plage.

Le PLU n’apporte aucune précision sur l’état actuel de cet herbier du Racou.

Le SCOT de 2020 note « Au terme de la stratégie Régionale de Gestion Intégrée du Trait de Côte, la seule stratégie possible semble être une recomposition spatiale du secteur du Racou afin de redonner un espace de mobilité suffisante au trait de côte ».

Le PLU n’apporte aucune précision.

Le SCOT 2020 précise : « Identifié comme le secteur le plus sensible aux phénomènes érosifs la plage du Racou et doit faire l’objet d’une attention particulière, les études à mener dans le cadre du document d’urbanisme locaux devront permettre d’identifier puis de mettre en œuvre les actions nécessaires à la gestion du trait de côte de ce secteur ».

Pourquoi le PLU qui devait répondre à cette demande du SCOT n’aborde en rien ce sujet ?

La Mission Régionale d’Autorité environnementale qui dépend du ministère de la transition écologique, a émis de fortes réserves au projet de révision du PLU d’Argelès-sur-Mer dans son ensemble.

Il faut savoir que les membres délibérants n’ont aucun intérêt particulier, se sont des personnes libres et compétentes.

Trois phrases du compte rendu :

-Faiblesse des considérations écologiques.

-En l’état, l’absence d’atteinte aux habitats d’espèces protégés patrimoniales et aux zones humides n’est pas garantie par le projet de PLU.

-Certains secteurs prévus pour l’accueil de la population sont situés en zone d’aléas moyen à fort.

Nous devons préserver les frontières du secteur « Sud de la rivière de l’Abat, Est de la route de Collioure, le Racou, la Mer » secteur qui doit être totalement inconstructible, et classé, réhabiliter les friches et travailler avec les services de l’Etat, la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée, le Département66, les associations, les agriculteurs, les Argelésiens, à la préservation de ce secteur qui doit rester naturel, agricole et méditerranéen.

La pression immobilière étant mauvaise conseillère. N’accusons pas les promoteurs immobiliers, ils font leur travail. Donnons leur une règle qu’ils respecteront je n’en doute pas un seul instant.

Cet espace de plus de cinquante hectares, demain sera la fierté des Argelésiens, tout comme Paulilles est la fierté des Port-Vendrais.

On construit pour construire, pourquoi ?

Expliquez-moi ce qui vous motive à tous ? Nous devons tous avoir le même objectif, la même ambition : « la qualité de vie des Argelésiens et des touristes que nous accueillons ». Nous avons été opposés aux dernières élections municipales, mais nous sommes tous des Argelésiens, personne ne me fera croire un seul instant que la majorité d’entre vous, êtes favorables à toute cette urbanisation.

Ce PLU n’a aucune ambition environnementale, agricole, touristique, humaine d’Argelès.

Les règles du SCOT, l’état d’esprit des habitants ne sont pas respectées.

Je ne veux pas être l’acteur d’une tragédie humaine demain, mais surtout profiter du bel environnement que nous ont laissé nos anciens, pour demain en faire profiter nos enfants ».

 

Charles Campigna

 

charlescampigna@gmail.com