Le conflit social qui oppose depuis de trop longs mois le maire d’Argelès-sur-Mer, Antoine PARRA (PS), à sa Police municipale (PM), s’enlise dangereusement.

Sur ce dossier, c’est évident, le 1er magistrat a manqué de flair à l’allumage, s’agissant du démarrage du conflit. Cela démontre aussi qu’autour de lui, c’est le vide sidéral qui règne. Il aura fallu attendre 11 mois pour que les membres de son équipe municipale (ce qui l’en reste en tout cas) vole à son secours et fassent une déclaration du bout des lèvres.

Au niveau de l’image, de la communication, c’est un désastre. D’autant que les agents de la PM sont solidaires, eux, et entendent bien mener leur combat jusqu’au bout, tant ils savent que le droit est de leur côté et que leurs revendications sont légitimes. Ils sont appuyés par les syndicats, notamment la FA-FPT’66, une fédération autonome redoutable dans ses analyses et expertises, dont les dirigeants sont souvent de fins connaisseurs de la vie sociale locale.

Sur ce dossier là, c’est l’évidence même, le maire a perdu la main et il se retrouve dos au mur. Antoine PARRA aura beau bomber le torse, accentuer les clivages, proférer des menaces, il a perdu la première manche. Certes, une guerre, même syndicale, ne se joue pas sur une seule et unique bataille. Mais les faits sont là, têtus, et ils ne plaident pas en sa faveur.

A moins de trois sans désormais des prochaines municipales, s’il entend se représenter bien sûr – car son comportement actuel ressemble plutôt à une fin de règne – Antoine PARRA doit changer de cap, de braquet, et, surtout, mieux s’entourer pour piocher ses conseils. Car l’une des questions qui émergent dans ce conflit social qui pollue le quotidien des Argelésiens autant qu’une grève des éboueurs, c’est de savoir : qui conseille Monsieur le maire ? Qui écoute-t-il ?

A ce stade, et parce que selon la rumeur publique charriée par l’air du temps, des révélations pourraient venir non seulement ternir plus profondément encore le climat ambiant délétère au sein du Conseil municipal, mais surtout empoisonner la vie économique et sociale locale, Antoine PARRA n’a plus le choix : il doit nommer de toute urgence un médiateur avant que ce dossier ne lui échappe complètement. Il n’est plus l’homme de la situation – même s’il reste le maire – il s’est abaissé à coups de remontrances et de certitudes malheureusement trop souvent inexactes, ou imprécises. Il a voulu jouer la montre, mais l’heure ne tourne plus rond, dans sa commune en tout cas !

A notre humble avis, ce médiateur ne peut être qu’un « Cincinnatus » local, en la personne de son ancien maire et actuel député de la circonscription, Pierre AYLAGAS… ou Jean CARRèRE qui, à 87 ans (depuis le 5 avril), demeure une personnalité respectable et respectée de tous.

A la veille de la saison touristique, le climat argelésien est devenu insupportable, il ne faudrait pas qu’il devienne irrespirable.