Hier soir, l’espace municipal Jean-Carrère (du nom d’un ancien maire de la commune), accueillait la traditionnelle cérémonie des vœux de la municipalité à la population.
Selon la propagande officielle : il y a eu quelque 800 participants (la ville compte environ 11 000 habitants) et le maire en cours (au sens propre comme au sens figuré), Antoine PARRA (PS), aurait serré 500 paluches. A (sur)titre comparatif, le journal du jour nous annonce que le même rendez-vous annuel, à Cabestany, ville peuplée de près de 9 900 habitants dirigée par Jean VILA (PCF), a réuni plus de 1 200 habitants…
Selon les Opposants au maire – la Démocratie nous oblige à tenir compte de leur avis pour rester dans une objectivité harmonieuse – il y avait en définitive « 500 à 600 personnes grand maximum présentes aux vœux d’Argelès, et s’il n’y avait pas que des obligés de Monsieur le maire, il faut bien le reconnaître, en revanche tous les obligés y étaient ! Il n’en manquait pas un seul ».
Ambiance, ambiance !
C’est donc bien entouré de ces obligés que le 1er magistrat a prononcé un discours-fleuve – plus de trente minutes… il a failli rejoindre la maire de Paris Anne HIDALGO et son record avec un discours historique d’une grosse heure au bout du compte très ennuyeux – tout à sa gloire, mais admettons qu’il aurait eu tort de s’en priver. C’est bien le seul moment et la seule tribune dans une année que les maires ont « pour eux », pour s’auto-satisfaire et en rajouter dans le Jardin des Délices, façon Kinder Bueno.
Rares, très rares sont les élus qui, à l’image du maire de Sorède, Yves PORTEIX, avant-hier soir, expriment publiquement, dans ces moments là, des regrets, des déceptions, des erreurs voire des échecs.
A Argelès-sur-Mer, trémolos dans la voix (plutôt balèze), Antoine PARRA y est allé avec la Grosse Bertha. Pêle-mêle : il a enrichi son propos de citations d’hommes célèbres, il a ciré les pompes de son prédécesseur Pierre AYLAGAS dans le rôle du maire (alors que l’on sait désormais qu’ils se situent les deux dans une ambiance de franche détestation – toute la ville s’en fait les gorges chaudes)… contre toute attente Antoine PARRA en est même venu à parler de Donald TRUMP, le président des States lui-même ! N’y aurait-il donc aucun sujet de discussion localement, aucun fait de société (comme par exemples la mort programmée du commerce de proximité dans le centre du village, le conflit social à la Police municipale…) qui appelle la réflexion, la volonté de dire et le courage de faire ?
« C’est Mickey contre Donald ce soir », a ironisé un spectateur : « Je ne savais pas que j’étais invité à Eurodisney ce soir ! Avec un peu de chance, on va voir le magicien Aimé ALBERTY transformé en Mowgli (personnage de fiction créé par Rudyard KIPLING) apparaître dans cette jungle argelésienne… ».
En fait, si Antoine PARRA a parlé de Donald TRUMP, c’est, selon le journal local, pour dire : « il est l’auteur majeur d’un certain désordre mondial qui, à bien des égards, génère de l’inquiétude »… Faut-il lire entre les lignes : à savoir que le maire d’Argelès-sur-Mer préparerait la succession des « Déferlantes  de Valmy » par une copie du Festival du rire d’Yssingeaux ? Ou est-ce là encore une « fake news » ?
Bon, allez, n’en rajoutons pas une couche, et laissons les derniers mots de cette soirée extraordinaire au maire himself, après-tout c’était bien sa demi-heure de gloire, non ? Toujours d’après le quotidien L’Indépendant, Antoine PARRA aurait conclu : « Les trois principes qui sont les miens et auxquels je ne dérogerai pas sont : l’équité, la transparence et l’intérêt général ».
Au fait, à propos « d’équité, de transparence et d’intérêt général », où en est-on des accusations transmises en septembre dernier, par la sous-préfecture de Céret au Procureur de la République de Perpignan, « concernant l’achat de terrains de la municipalité d’Argelès-sur-Mer, ainsi que l’obtention de permis de construire obtenus par Mme Maryse PARRA (NDLR. L’épouse de Monsieur le maire) qui paraissent entachés d’illégalité » ?