La célèbre plage du Racou en été… il y a de la marge pour la distanciation sociale !

 

Entre rumeurs et probabilité, entre un bruit qui court et un certain bon sens, l’hôtellerie de plein air est prise entre l’enclume et le marteau, suspendue aux lèvres élyséennes du Premier ministre Edouard Philippe.

Privés de vacances sur la Costa Brava, la Costa del Sol, en Espagne, à Marrakech, au Maroc, au Portugal et dans tout l’Est de la mer Méditerranée également – leurs principaux et traditionnels lieux de villégiature estivale – les Français ne pourront donc cet été 2020 se rendre à l’étranger pour cause de coronavirus (COVID-19), et par conséquent de fermeture des frontières. Selon les coulisses de certains ministères – dans lesquels on n’aurait jamais croisé il semblerait un des trois députés des P-O adhérent et donc accrédité à la Majorité politique présidentielle… – un Plan-Camping serait pourtant à l’étude pour une réouverture de l’hôtellerie dite « de plein air » en toute sécurité.

Car cet été 2020, les Français devront bien se contenter de passer leurs vacances intra-muros, dans l’Hexagone et, à n’en pas douter ils seront nombreux à choisir un hébergement en camping, si ceux-ci sont autorisés à ouvrir.

Près de 9 000 campings fleurissent dans l’Hexagone.  Ils représentent pratiquement un hébergement sur deux en capacité d’accueil collectif du pays… et un tiers des capacités européennes !

La commune d’Argelès-sur-Mer, 2e pôle attractif* des Pyrénées-Orientales, surnommée « la Capitale française du camping », abrite à elle-seule sur son territoire : 53 campings qui développent environ 14 000 emplacements et qui emploient chaque été environ 2 500 saisonniers. Des emplois directs !

A partir de ces premiers chiffres, on imagine le désastre économique et social qui ensevelirait une partie des P-O en cas de non-ouverture des campings. Car même si la situation est moindre (en terme d’influence de l’hôtellerie de plein air dans l’activité économique) à Saint-Cyprien, Canet-en-Roussillon, Torreilles et Le Barcarès-Leucate en remontant vers Agde-Béziers-Montpellier, le résultat à l’arrivée serait une catastrophe pour le budget des communes, une débâcle historique pour le petit commerce…

 

 

Un véritable casse-tête chinois pour les propriétaires de campings

 

 

Rien qu’à Argelès-sur-Mer, la non-ouverture l’été prochain des campings se solderait par près de trois millions d’euros de rentrées financières en moins, dont deux millions d’€ issus de la seule taxe de séjour prélevée dans l’hôtellerie en général (95% les campings) et chez les loueurs en particulier. Avant-hier, lors d’une réunion par visioconférence des membres de la communauté de communes Albères-Côte Vermeille-Illibéris (CC-ACVI), le maire d’Argelès-sur-Mer, Antoine Parra, a tiré la sonnette d’alarme sur le sujet.

Car au-delà des finances communales, la non-ouverture des campings pour la saison entraînera de nombreuses faillites dans le petit commerce, principalement les bars, les restaurants, toutes les enseignes de l’UMIH (l’Union des Métiers de l’Industrie de l’Hôtellerie), mais également et surtout les boutiques des allées piétonnes d’Argelès-plage, très courues des campeurs, véritable poumon économique de la plus populaire station balnéaire du littoral en Languedoc-Roussillon.

Beaucoup, à l’image de Daniel Besson, propriétaires de deux campings à Argelès-sur-Mer, La Plage et Le Méditerranée, dans lesquels il vient d’investir considérablement, espèrent « une ouverture rapide, le plus tôt possible ! Nous ne baissons pas les bras, nous menons une réflexion permanente sur tous les cas de figure, nous envisageons tous les protocoles à mettre en place, et ce afin d’être en capacité d’ouvrir sous dix jours dès que l’autorisation nous en sera donnée. Il y a beaucoup de problèmes sur lesquels nous avons déjà réfléchi, en particulier sur les conditions d’accueil. En camping, les parcelles sont en moyenne de 90 à 100m², donc de ce côté là la distanciation sociale peut je pense être respectée. La grande question du moment est aussi : la plage sera-t-elle ouverte au public ? Car le gros de notre clientèle vient pour la plage ».

Les problèmes posés dans les campings par la pandémie du COVID -19 tournent essentiellement autour des services proposés : aires de jeu pour les enfants, animations, bars-restaurants, blocs-sanitaires, piscine, spa… Un véritable casse-tête chinois (sans jeu de mots).

Tout cela risque d’être très compliqué à gérer, tant au niveau des clients que du personnel. Comme le fait remarquer Thierry Mas, du camping L’Europe, toujours à Argelès-sur-Mer, « tout cela aura évidemment un coût. Une mise en place très stricte du protocole va générer forcément de nouveaux frais pour les campings ». Lui aussi se dit prêt à ouvrir. Il attend de connaître le contenu de ce fameux « Plan-Camping » et, surtout, le feu-vert du Gouvernement.

 

L.M.

 

*D’autres communes des P-O – Canet-en-Roussillon, Cabestany, Saint-Estève, Saint-Laurent-de-la-Salanque… – ont plus ou moins la même population qu’Argelès-sur-Mer, mais elles sont situées directement ans l’aire d’influence métropolitaine de Perpignan.