Marie-Caroline Bodinier-Rondel devant l’agence postale communale d’Argelès-sur-Mer, sur le « Marché des saveurs » à Argelès-plage

 

 

 

L’affaire fait grand bruit dans la station balnéaire d’Argelès. D’autant plus qu’elle est totalement inattendue et incompréhensible. La nouvelle municipalité d’Antoine Parra a décidé de ne pas renouveler le contrat de Marie-Caroline Bodinier-Rondel (connue sous le pseudo de « Mirabelle ») qui, depuis 2006, en saison estivale, faisait fonctionner l’annexe du Bureau de La Poste d’Argelès-plage, située sur la placette du « Marché des Saveurs », entre le boulevard de la Mer et l’avenue des Corbières, à deux pas du célèbre bois des pins. Les clients, perplexes, pour le moins, s’interrogent sur cette subite décision en apparence sans raison valable…

 

-Ouillade : c’est donc officiel : la Municipalité vous a débarqué de votre poste de vacataire saisonnière à l’annexe de La Poste du « Marché des Saveurs »…

-Marie-Caroline Bodinier-Rondel : « Oui. Je confirme. Et l’histoire est rocambolesque, pour ne pas dire abracadabrantesque car tellement invraisemblable ».

-Ouillade : depuis quand occupiez-vous ce poste ?

-Marie-Caroline Bodinier-Rondel : « Depuis 2006. Tous les étés, sauf un – celui de l’an passé à cause du COVID-19 -, en gros de mi-juin à mi-septembre. J’étais présente au guichet tous les matins jusqu’à 12h 30, du lundi au samedi inclus ».

-Ouillade : et cette année, la Municipalité, qui gère le site, a donc décidé de se passer de vos services, tout en ouvrant l’annexe postale et en y embauchant une autre personne à votre place…

-Marie-Caroline Bodinier-Rondel : « Oui, c’est c’la même. Comme je l’ai toujours fait depuis mon 1er été, en 2006, au mois de janvier de l’année en cours, 2021, j’ai fait ma demande pour revenir occuper le poste. On m’a rappelé, conformément à la procédure. On m’a demandé d’aller passer une visite médicale, j’ai comme d’habitude rempli la formalité et je suis revenu vers la Mairie avec mon avis médical certifiant que j’étais apte… ».

-Ouillade : ensuite ?

-Marie-Caroline Bodinier-Rondel : « Ne voyant rien venir en retour j’ai commencé à m’inquiéter, début juin, plus précisément une semaine avant la réouverture de l’annexe postale, j’ai rappelé plusieurs fois la mairie pour vérifier si tous mes papiers étaient en règle, s’ils avaient bien tout reçu, etc. ».

-Ouillade : et alors ?

-Marie-Caroline Bodinier-Rondel : « Suite à un ultime appel, une après-midi à 15h on me contacte pour me signifier que ma candidature n’a pas été retenue ! La personne de la Mairie que j’ai alors au bout du fil se dit « navrée »… et moi donc ! Sur le coup je suis tellement sonnée, que je ne réagi pas. Pensez-donc, je ne m’y attendais pas du tout. Je faisais ce job saisonnier depuis quatorze étés, j’étais loin d’imaginer qu’on ne me renouvellerait pas dans mes fonctions.

 

 

Je suis tombée de haut. Surtout que je ne voyais pas du tout ce qu’on pouvait me reprocher.

Le temps de l’émotion passé, la frustration, la colère et le dégoût ont pris le relais. Car les raisons qu’on m’a donné au service des « Ressources Humaines » – un service qui porte bien son nom ! -, pour justifier pourquoi je n’étais pas reprise, sont complètement idiotes. Pour sauver mon « poste » il aurait soi-disant fallu que je sois fonctionnaire, employée municipale… Donc, si j’ai bien compris, depuis 2006, pendant quatorze étés, j’ai occupé un poste éphémère, une fonction-fantôme, je n’étais pas identifiée en tout cas dans l’organigramme de la Ville, alors que j’étais rémunérée par la commune ?!… Tout cela est absurde. J’étais employée, faut-il le rappeler, dans « l’agence postale communale » d’Argelès-sur-Mer ! C’est écrit sur l’enseigne !

En insistant auprès de la Municipalité, une élue a même eu le « courage » de me désigner le coupable : à ses yeux cela ne pouvait être que La Poste ! Alors que c’est bien la mairie d’Argelès qui a rempli mes bulletins de paie. Alors que c’est bien la mairie d’Argelès qui a refusé de me renouveler le contrat. J’ai demandé à voir Monsieur le Maire, mais comme il est actuellement intouchable on m’a orienté vers une soubrette ».

-Ouillade : dans quel état êtes-vous aujourd’hui, comment vous sentez-vous ?

-Marie-Caroline Bodinier-Rondel : « Comment voulez-vous vivre une telle mésaventure ? Du jour au lendemain on vous écarte d’un travail que vous avez toujours exercé avec méticulosité, en pleine conscience professionnelle et passionnément, et cela sans vous donner la moindre explication valable. C’est plutôt violent, non ? Oui, je suis en pleine dépression. Heureusement, au fil des saisons, j’avais noué d’extraordinaires contacts avec les clients. Les gens m’appellent, ils ne comprennent pas. Moi non plus ».

 

Propos recueillis par L.M.