Il faisait partie des « grandes gueules » de la côte dont seul le village unique de Collioure savait en produire dans le secret d’une potion humaine magique. Oui, Yves Costa disait tout haut – et sans détour – ce que le politiquement correct interdisait de narrer, ce que la bien-pensance écrasait de sa puissante dictature intellectuelle… Dans son repaire gastronomique de La Frégate, veillant jalousement sur le centre historique de la Perle de la Côte Vermeille telle une vigie éclairante, il a su attirer le meilleur de la chronique culinaire. Et pour les recevoir, il n’était jamais à court d’idée

 

Les critiques des bibles gastronomiques n’hésitaient pas à faire de sacrés détours pour venir s’asseoir à sa table, pour s’accouder à son comptoir, pour jouer les chiens-savants-renifleurs jusqu’aux portes de ses fourneaux.

Dans ses cuisines, authentique touche-à-tout et inventif, Yves Costa n’avait de cesse d’innover, il avait un talent fou que peu de gens de sa profession, sous le soleil du Roussillon, étaient capables d’égaler, d’imiter, de suivre… Avec lui, du plaisir au menu il n’y avait qu’un bon coup de fourchette à tenir ! Ses bons petits plats, fruits d’une imagination puisée dans une nourriture sensuelle, séduisaient les palais avertis les plus délicats.

Cerise sur le gâteau, il possédait également une cave à vins extraordinaire, remplie de grands crus et de cuvées spéciales dont il n’était pas peu fier.

On lui pardonnera les excès de sa gouaille et autres goguenardises attachées au personnage attachant, pour ne retenir que la révérence de sa bonne chère et de ses exquises gourmandises.

Yves Costa s’est éteint au Panama, où il s’était retiré avec son fils.

 

L.M.