Michel Neyret, n° 2 de la Direction interrégionale de la PJ (Police judiciaire) à Lyon, a été interpellé cette semaine dans le cadre d’une vaste affaire de « corruption, trafic international de stupéfiants et blanchiment d’argent ».
Outre l’épouse de Michel Neyret, dans cette affaire d’une extrême gravité trois autres (à ce jour) policiers ont été placés en garde à vue, dont deux commissaires de la PJ lyonnaise… et le chef de son antenne grenobloise, Christophe Gavat, précédemment en poste à Perpignan.
Christophe Gavat n’est donc pas un inconnu sur le sol roussillonnais, où on lui doit, entre autres affaires locales particulièrement médiatisées, et controversées dans une partie de l’opinion publique, l’arrestation du docteur Jacques Bouille (UMP), maire de Saint-Cyprien et conseiller général du canton de la Côte Radieuse, et qui s’est suicidé à la maison d’arrêt « Mailloles » de Perpignan, en 2009… ainsi que la placement en garde à vue de l’ancien maire (réélu depuis) du Barcarès, Alain Ferrand (UMP), pour une soi-disant sombre affaire de drogue… Qui, concernant Alain Ferrand, n’a jamais existé !
Car les méthodes employées par ce « super-flic » ont été très souvent contestées par ses victimes, sans pour autant que cela n’indigne ou ne préoccupe tout simplement sa hiérarchie, l’autorité judiciaire et administrative…
Christophe Gavat n’avait pas hésité à placer en garde à vue Alain Ferrand dans le but de le faire incarcérer pour une soi-disant affaire de trafic de cocaïne. L’affaire avait fait grand bruit à l’époque, à la fin de la première décennie des années 2000, et avait été bruyamment servie en bouche aux médias, comme trop souvent lorsqu’il s’agit « des » Ferrand du Barcarès.
C’est le même Christophe Gavat qui avait fait pression, dans le cadre de ses attributions professionnelles certes, pour tenter d’obtenir de l’autorité préfectorale la fermeture administrative de la discothèque « Marina-Atlantis », toujours pour cause de trafic de stupéfiants, et dont le propriétaire n’est autre qu’Alain Ferrand… Le Préfet de l’époque n’avait pas suivi et « l’affaire », concernant « les » Ferrand en tout cas, s’était terminée en eau de boudin. Un fiasco judiciaire ! Dont chacun(e) a pu apprécier la discrétion dans les comptes-rendus médiatiques concernant le non lieu dont a pourtant bénéficié Alain Ferrand dans cette affaire…
La Cour d’Appel de Montpellier, elle, dans ses conclusions – d’une extrême sévérité pour les enquêteurs dont Christophe Gavat – en date du 18 mars 2010, n’a pas fait dans la dentelle pour accorder le non-lieu à Alain Ferrand et, forcément, l’exonérer de toute condamnation…
Extraits : « Les écoutes téléphoniques, les auditions de D.G., de D.S., de B.G. et des autres mis en cause ainsi que les perquisitions mises en oeuvre ne révèlent pas une quelconque implication d’Alain Ferrand dans le réseau de vente de cocaïne mis en place par D.G. (…). En conséquence, et sans qu’il soit nécessaire d’examiner les autres moyens de nullité, il apparaît que le placement en garde à vue d’Alain Ferrand en exécution de la commission rogatoire du 28 novembre 2008 a été effectué en violation des dispositions légales précitées, ce qui porte nécessairement atteinte aux intérêts de la personne concernée. Les procès-verbaux établis dans le cadre de cette garde à vue attentatoire aux droits de l’intéressé doivent être annulés. Il s’agit des pièces de procédure figurant au dossier en côtes N° 907 à 922 ».
Dans une toute autre affaire, on attend maintenant la réaction de la veuve de l’ancien maire de Saint-Cyprien, Mme Marie-Antoinette Bouille, qui s’exprime régulièrement sur son blog – « l’affaire Bouille : un autre regard » – et qui récemment encore, le 21 septembre dernier, mettait en ligne les commentaires suivants…
« Désinformation, manipulation et calomnie (…). L’évolution d’informations progressivement déformées au fil des interviews ou des articles (Ndlr. Mme Bouille fait ici allusion à diverses affaires qui secouent la vie politique au plan national), et parfois franchement délirante, laisse pantois. Comment ne pas s’interroger sur l’absence totale de vérification de ces affirmations ? (…) ».
Puis, sous la photo montrant un camion de la PJ en train de déménager (à l’époque des faits), son domicile familial, Mme Bouille légende : « Le spectacle offert aux journalistes par la PJ, saisissant sur ordre des juges d’instruction, des objets au domicile de l’ancien maire a été parfaitement relayé pour satisfaire les à priori et ne laisser aucun doute. De nombreux objets d’art appartenant à la commune se trouvaient… dans des locaux de la commune ! Cela est-il surprenant quand on sait que tous ces objets ne pouvaient être exposer en même temps dans les musées communaux (qui ne sont pas régis, d’ailleurs, par les mêmes règles que les musées nationaux) ? (…). Une succession d’erreurs et de mensonges, volontaires ou involontaires, ne peut faire une vérité (…) ». Et encore moins « LA » vérité.
En ce qui concerne l’interpellation de Michel Neyret, le « super flic » lyonnais qui aurait vendu des infos à des trafiquants leur permettant de ne pas être inquiétés, elle s’est donc étendue hier rapidement vers le sud de la France où le numéro 2 de la Police Judiciaire de Lyon avait, semble-t-il, « des relations peu recommandables (…) », à Cannes notamment. Mais cette affaire s’est orientée aussi vers Grenoble (département de l’Isère), où les deux responsables (dont Christophe Gavat) de la PJ locale, qui dépend de la PJ lyonnaise, ont été placés en garde à vue hier. Sont-ils entendus comme simples témoins, ou l’IGS (la police des polices) retient-elle aussi contre eux des éléments propres à les mettre en cause dans cette affaire inédite ? On le saura très vite.
Mais selon des sources policières, d’autres fonctionnaires de police, « voire des magistrats », pourraient être « rapidement mis en cause ». Il apparait d’ores et déjà que le scandale sera de grande ampleur…

http://alpes.france3.fr/info/des-ripoux-a-la-pj–70619927.html