Le syndicat CGT-police vient de déposer une plainte à la suite de la découverte dans les locaux de l’infirmerie de la CRS 58 de Perpignan, d’une affiche représentant Adolphe Hitler effectuant le salut « romain » (plus précisément rebaptisé au XXème siècle « salut nazi »), apprenions-nous le lundi 2 mai 2011.

L’auteur de cet affichage n’aurait pris qu’un simple blâme, comme l’a indiqué le secrétaire départemental du syndicat CGT-police. Le Parquet de Perpignan aurait ouvert une enquête, les autorités auraient été alertées le 15 janvier dernier… Selon le représentant syndical, « l’infirmerie est un lieu ouvert au public où sont reçus les candidats sollicitant un emploi dans la Police nationale (…) ».

Ainsi donc, outre le caractère intolérable et abject de cet acte perpétré au sein même d’un service de police, une Compagnie dite « Républicaine » de sécurité !, la première image qu’un postulant va retenir de son futur métier, de son futur employeur, est celle d’Hitler… « Curieux et honteux amalgame », s’indique Robert Folcher (MRC), conseiller municipal d’Opposition de la Ville de Perpignan, contrôleur général honoraire de la Police nationale. « Ce triste fait-divers suscite plusieurs observations : l’auteur, après enquête approfondie, n’est pas digne de rester dans la Police nationale et doit en être exclu sans délai ; un blâme ne suffit pas et une sanction aussi douce ternirait l’autorité de la hiérarchie et la rendrait pratiquement complice. Cet acte n’a été rendu possible qu’à la suite des dérives verbales couramment proférées par les plus hautes autorités de l’Etat, et notamment les ministres de l’Intérieur successifs, parfois condamnés d’ailleurs pour propos racistes. Voici quelques mois c’était la chasse aux Roms, aujourd’hui, c’est au tour des immigrés tunisiens; certains éléments inflêchis et égarés, dopés par de telles déclarations qu’ils prennent pour argent comptant font ainsi de la surenchère, certains qu’ils sont de leur impunité. Ces faits sont graves, espérons qu’il s’agit là d’une initiative solitaire, mais ils sont révélateurs du climat actuel au sein même de l’institution policière : cuisant échec de la politique de sécurité, malaise grandissant de policiers désorientés soumis à la culture du chiffre mais non du résultat. Dans de telles conditions, comment peut-on encore espérer rétablir un lien de confiance, renouer le dialogue police-jeunes des banlieues ? ».