Une centaine de Perpignanais résiderait plus ou moins à l’année à Marrakech, les uns y séjournant régulièrement à l’occasion de vacances scolaires, les autres y ayant installé leurs quartiers d’hiver, d’autres encore y possédant une entreprise ou un business permanent et étant donc amenés à s’y rendre régulièrement.

C’est le cas de Guy Lormand, ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Perpignan et des Pyrénées-Orientales, P-DG de la chaîne hôtelière familiale Roussill’Hôtel – Qui regroupe une douzaine d’hôtels et de résidences de tourisme, dont : « Les Flamants roses » et « Le Galion » à Canet-en-Roussillon, « Port-Marine » à Sète, « L’Ile de la Lagune » et « Le Mas d’Huston » sur le golf de Saint-Cyprien, « Le Lido » et « Le Maritime » à Argelès-sur-Mer, « Le Mas des Citronniers » et « Casa Païral » à Collioure… – à la tête également depuis 2010 du « Domaine des Remparts », à Marrakech. Contacté par téléphone hier soir, Guy Lormand s’est voulu rassurant, confirmant, pour ce qui est de son entreprise implantée localement, « ne pas avoir ressenti à ce jour une panique au niveau de la clientèle, nous n’avons observé aucun phénomène particulier au niveau des réservations, il n’y a pas eu une seule annulation, tous les séjours pour la saison qui vient ont au contraire été confirmés » ; et ce malgré l’explosion d’une bombe, jeudi dernier à la mi-journée, dans un café-restaurant de la place Jamâa El-Fna, le coeur touristique de Marrakech. Cet attentat, qui n’a toujours pas été revendiqué, a tué 16 personnes, dont 8 Français, et en a blessé une vingtaine d’autres.

Il est vrai que « Le Domaine des Remparts » ne se situe pas directement dans le centre de Marrakech, puisqu’il se trouve à l’extrémité de La Palmeraie, à un quart d’heure minimum de la célèbre Médina.

La Palmeraie, c’est aussi l’endroit où aurait pû se trouver ce jour-là en famille le maire de Perpignan, Jean-Marc Pujol (UMP), qui y possède une résidence secondaire depuis une décennie. Le premier magistrat a d’ailleurs l’habitude de se rendre à Marrakech depuis un quart de siècle où, de par sa profession, il y est en affaires avec de grandes sociétés marocaines, notamment dans le secteur de l’agroalimentaire.

L’un de ses proches collaborateurs, justement, se trouvait en vacances à Marrakech le jour de l’attentat : « J’avais dîné l’avant-veille dans le restaurant qu’ils ont fait sauter ! », raconte-t-il. « C’est un établissement où j’ai mes habitudes, chaque fois que je reviens à Marrakech. Il est tellement central que c’est un endroit pratique pour se donner des rendez-vous. Il est très fréquenté par la communauté française. Tous les jours, nous nous installions en terrasse, au centre, face à la place, pour y prendre une glace. D’ailleurs, c’est uniquement du fait d’un retard à l’hôtel que je n’étais pas dans ce restaurant à l’heure de l’explosion. Nous étions en chemin quand nous avons appris l’explosion, à dix minutes à pieds de la place à peine ».

Un autre Perpignanais, médecin-diététicien de profession, Gilbert Meridjen – dont l’expouse, Dominique née Martin, dirige le plus célèbre restaurant italien de Marrakech, « La Rotonda », en tandem avec la célèbre brasserie « Le Grand-Bazar », place de la Comédie à Montpellier – effectuait son service à la clinique internationale de Marrakech, lorsque l’explosion s’est produite, à quelques minutes de son lieu de travail : « Nous avons entendu une explosion très violente, sans comprendre toutefois ce qui se passait. Sans savoir que c’était un engin qui venait d’exploser dans l’un des cafés les plus fréquentés du centre ville touristique de Marrakech. Les ambulances nous ont amené des gens très ébranlés, très choqués, qui se trouvaient à côté du lieu du drame, ainsi que deux blessés dont le fils d’un député russe dans un état très grave, avec des éclats dans le crâne », a raconté le docteur Meridjen à un journaliste du quotidien régional, Midi Libre. « Ce blessé grièvement atteint a été dirigé immédiatement dans notre clinique, car nous bénéficions d’équipements beurologiques de pointe. Les clous de la bombe, extraits de son corps, montrent que les auteurs de cet acte voulaient vraiment frapper fort, avec cruauté. Depuis l’attentat, c’est vrai, pourquoi le nier, nous sommes sur le qui vive afin, bien sûr de porter secours à toutes les victimes, mais surtout pour les rassurer (…). Les officiels marocains sont venus voir chaque patient, je tiens à le souligner. C’est, à chaque fois, la solidarité et la fraternité qui prévalent ».