Collioure : 3 000 habitants permanents, 20 000 en été, 55 000 la journée en haute saison estivale… sans oublier un « fada » à l’année !

 

Depuis quelques temps, le maire de Collioure recevait des courriers incendiaires, pour ne pas dire « assassins » carrément, « sur les méthodes pas très charitables de la Police municipale » : tel automobiliste s’était vu verbaliser pour un stationnement de quelques secondes sur un arrêt de bus, en période creuse ; tel autre avait reçu l’accord temporaire pour se voir, quelques minutes plus tard, infliger une contravention ; etc.-etc.

L’affaire a fait grand bruit durant l’été. Comme si, à Collioure – environ 3 000 habitants en permanence, près de 20 000 en été, et jusqu’à 55 000 de passage la journée en haute saison estivale – il n’y avait pas suffisamment d’occupation dans l’air du temps, quelle que soit l’époque de l’année… Car figurez-vous que ces « prunes » étaient fausses. Pure invention d’un mytho qui a pu être repéré en pleine action de distribution d’amendes grâce aux caméras de vidéoprotection installées dans le village !

Soulagement chez les policiers municipaux colliourencs – et dans le rang des élus ! – qui en avaient assez de se faire engueuler, ridiculiser et remonter les bretelles… rien que pour du beurre. En tout cas sans savoir le pourquoi du comment, sans comprendre qui avait donné l’ordre d’aligner. Soulagement également du côté des automobilistes victimes de ces excès de zèle.

La vérité : un citoyen de la commune connu et reconnu car très impliqué dans le tissu associatif (dans le domaine de l’Environnement… ça ne s’invente pas !), n’avait pas trouvé mieux pour lutter contre les incivilités (selon ses propres dires et à jeun) que d’éditer de faux PV et, surtout, de les poser sur les parebrises.

Ce justicier d’un psychodrame personnel, en pleine affaire BENALLA, n’est cependant pas à l’abri d’une procédure judiciaire. Car le docteur Jacques MANYA, maire de Collioure, aurait en effet (selon son proche entourage), peu goûté cet excès de zèle…

On se souvient qu’un ancien maire de Collioure, qui n’était pas médecin, dans cet enchanteur et féérique village de France et de Catalogne parmi les plus beaux, dans ce village unique en son genre (architectural et autre), avait été baptisé « chef de la clinique » par l’un de ses patients ! Heu… par « l’un de ses administrés » voulions-nous dire, un artiste ! Au sens propre comme au sens figuré. On peut comprendre, avec cette histoire de faux PV, la signification médicale légendaire accolée au climat ambiant local.

Avouez que c’est là, cette affaire insensée de « fausses prunes », une histoire à mourir de rire, comme seule, sous le soleil généreux du Roussillon, la « République de Collioure » semble en avoir le secret.