« Le projet européen de Gazoduc transfrontalier STEP méprise la démocratie et la population catalane

Menée dans l’urgence jusqu’au 22 janvier 2018 dans les Pyrénées-Orientales, la concertation publique relative au projet d’enfouissement d’un gazoduc (pipeline) transfrontalier géant a suscité une vive inquiétude parmi les habitants et les élus du territoire. Cette inquiétude s’est notamment traduite par la création d’un collectif « contre le gazoduc transfrontalier » regroupant une trentaine d’associations et d’organisations locales demandant l’arrêt de ce projet en total décalage avec les objectifs de lutte contre le changement climatique et porteur de destructions irréversibles des terroirs et des milieux naturels traversés. Ce collectif a été rejoint aussitôt par celui de catalogne sud, donnant ainsi désormais une dimension européenne à la contestation citoyenne.
Dans le cadre de cette concertation, l’association « En Commun 66 », membre du collectif, a interpellé officiellement le maître d’œuvre du projet (la société TIGF), ainsi que les garants nommés par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), à propos de l’absurdité de ne faire porter la concertation publique que sur la partie française d’un ouvrage d’envergure européenne destiné à relier l’Espagne et la France dans le cadre du grand trafic énergétique mondial. La réponse a été la même à chaque reprise – et contraire à tout bon sens – à savoir que le projet STEP mené par TGIF en France sur une distance de 120 km et le projet de raccordement en Catalogne étaient totalement indépendants…
Pourtant, le 25 janvier 2018, la Commission Européenne s’est empressée d’octroyer une aide publique de 1,7 millions d’euro à la société Enagaz, pour commencer des études sur la partie espagnole du projet … STEP ! Ce dernier comprenant bien dans le dossier de subvention européenne la canalisation de Hostalric au sud de figueras et la traversée du Roussillon jusqu’à Barbaira dans l’Aude, pour une longueur totale de tuyau supérieure à 200 km.
Le droit de l’environnement s’appliquant différemment selon la longueur de l’ouvrage (concertation obligatoire au-delà de 200 km), il a été ainsi volontairement procédé à un véritable « saucissonnage » du programme d’investissement, donnant une information tronquée et fallacieuse au public sur les véritables objectifs du projet, afin de faire avaler plus facilement cette couleuvre d’acier aux habitants impactés. Ceci au mépris des règles élémentaires de la démocratie locale pour le plus grand bénéfice d’intérêts financiers opaques et dans le silence complice du gouvernement et des parlementaires locaux ».
Pour « En Commun 66 », Philippe ASSENS, président.