« Afin que les mêmes causes ne reproduisent les mêmes effets, je porte a votre connaissance les faits suivants :
En 2007 (et non en 2014 comme écrit par erreur), lors du précédent chantier de rénovation de la RN-116 se produisit exactement au même endroit le même soulèvement de chaussée. Et la route fût déjà fermée pour la même raison. La consultation des archives du chantier vous le confirmera.
En effet, le drainage initial (avant travaux), empirique mais efficace, était constitué de barbacanes et l’eau captée dans un caniveau étanche cimenté en pied de talus pouvait s’évacuer vers le ravin du virage l’ empêchant de s’infiltrer sous la fondation de la chaussée.

Ce dispositif fut détruit et enseveli pendant les travaux. Les eaux ne purent donc s’évacuer que sous la chaussée. Je constatais a l’écoute des ouvriers sur le site, que cette anomalie était prévisible. Ils avaient informé, sans succès, leur hiérarchie des inquiétants ruissellements sous le terrassement en cours.
Le mode opératoire des terrassements, initialement nécessaires pour arrondir le virage, n’avaient pas prévu de drainage de substitution pendant la phase travaux. Les eaux naturelles d’infiltrations étaient donc contraintes a s’écouler sous la chaussée, sans autre exutoire possible et retenues sous la chaussée par le barrage constitué par la fondation de l’ancien mur de la route. La pression d’eau ainsi accumulée a provoqué le soulèvement et non l’effondrement de la chaussée.

Je tentais d’en informer les responsables mais on me fit comprendre que cela ne me concernait pas et qu’ il convenait de « faire porter la réfection du canal par le chantier ». Le chantier fût arrêté. Un important cloutage et grillage furent posés en urgence. Le virage fut rectifié afin d’ épargner le pied de falaise devenue instable. Apparemment, aucun ouvrage de drainage supplémentaire ne fut mis en œuvre et la chaussée a résisté jusqu’à la tempête Gloria.
La seule toponymie du site : « closes d’en font* » et « molleres** de l’estève » impose la réalisation d’ ouvrages hydrauliques adaptés pour garantir la pérennité de la chaussée, même si de fortes précipitations cumulées à la fonte des neiges se déversant dans le canal furent incriminées ».

 

 

Roland Hullo, Association pour le Contournement de Joncet – E mail:roland.hullo@wanadoo.fr

 
-Lexique « catalan – français »

*font : endroit où l’eau souterraine sort à la surface de la terre.

**mollere : terrain inondé d’eau de manière permanente .