Communiqué de presse.

 

« Projet de gazoduc européen : la Commission Européenne privilégie les affaires commerciales des groupes financiers plutôt que l’intérêt et le droit du peuple catalan.

Dans le cadre du projet de gazoduc transfrontalier STEP/MIDCAT qui prévoit bientôt de fracturer les Pyrénées, la Commission Européenne a financé une étude indépendante à l’agence Finlandaise « Poyry » destinée à analyser les coûts/avantages de ce projet d’interconnexion d’énergie fossile. Par l’intermédiaire de Michèle Rivasi (députée européenne écologiste), une demande officielle a été effectuée auprès de la Commission pour accéder aux résultats de cette étude afin d’éclairer la population impactée dans le cadre de la concertation publique en cours, préalable à l’enquête publique et normalement garantie par la Commission Nationale du Débat Public.
En date du 22 mars 2018, la commission a refusé catégoriquement cette information au public « compte tenu du caractère commercial que comporte le document auquel vous souhaitez avoir accès » en précisant que toute diffusion de l’étude pourtant financée sur fonds public devait recevoir au-préalable « l’accord du promoteur du projet » !

 

Sur la partie française, le promoteur du projet est la société TIGF, ancienne filiale du groupe Total basée à Pau (64), qui intervient en partenariat avec la Région Occitanie dans sa stratégie de transition énergétique, ce qui peut expliquer en partie le silence de la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée et de ses représentants sur ce projet impactant pourtant de manière importante l’aménagement du territoire Catalan. Malgré les apparences, cette société n’est plus structurée uniquement par la défense des intérêts régionaux ou même nationaux : en effet, son capital est désormais seulement détenu a hauteur de 28 % par des actionnaires français (18 % EDF et 10 % Predica (crédit agricole)), la majorité étant effectivement détenue avec le GIC (fonds d’investissement Singapourien) pour 31,5 % ou la SNAM (Société italienne de transport de gaz) propriétaire de TIGF à hauteur de 40,5 %.

 

Dans ce contexte de soumission des institutions publiques aux intérêts financiers, et vu la réponse laconique apportée dernièrement par Nicolas Hulot à l’interpellation du gouvernement par Muriel Ressiguier (député LFI), il apparaît encore plus clairement que seule une forte mobilisation citoyenne locale pourra stopper un tel projet inutile, coûteux, à l’inverse des objectifs de réduction du changement climatique et duquel la population catalane ne doit attendre que des désagréments ».