(Communiqué de presse de l’ASPAHR – 28.01.2019).

 

 

« Les Angles : il faut préserver le site de l’ancienne église Saint-Sauveur

Le PLU (Plan Local d’Urbanisme) de la commune Les Angles a été adopté en décembre dernier, mais un recours va être déposé auprès du tribunal administratif de Montpellier. Le PLU prévoit une urbanisation à proximité immédiate du site de l’ancienne église Saint-Sauveur. Il faut préserver ce site.

L’église paroissiale primitive des Angles, dédiée au Saint-Sauveur (Sant Salvador) a été construite au 11e siècle et consacrée en 1106 par l’archevêque de Narbonne.

Elle a été abandonnée à l’époque moderne (sans doute au 17e siècle), au profit d’une église Saint-Michel, construite au centre du village, qui s’était regroupé au Moyen Âge sur la colline défendue par le château. Cette église a été, elle, reconstruite à partir de 1862 pour donner l’édifice actuel. Tant la première église Saint-Michel que la seconde ont prélevé dans les ruines de l’église Saint-Sauveur des matériaux de construction ou certains vestiges sculptés que l’on peut toujours discerner dans l’église du 19e siècle.

Il ne subsiste aujourd’hui de l’église Saint-Sauveur que des vestiges, noyaux de murs, forme arrondie de l’abside. Il s’agit cependant de vestiges évocateurs de l’histoire, témoignant de l’implantation primitive de la communauté villageoise, avant que les conséquences de la féodalité et de l’insécurité ne conduisent à son regroupement sur la colline des Angles, sous le contrôle du château. Le fait que l’église soit restée, pendant plusieurs siècles, à son emplacement primitif alors que le mode de regroupement de l’habitat villageois avait évolué de façon radicale, est un fait important. Même si les vestiges sont modestes (et aujourd’hui absolument pas mis en valeur, ce qui est regrettable), leur situation topographique et paysagère constitue un témoignage historique notable, à l’échelle de la commune et à l’échelle du Capcir tout entier. Il y a lieu, si on veut en préserver la signification, à laisser ces vestiges à l’écart de tout développement urbain.

En outre, conformément aux usages médiévaux, toute église est entourée d’une terre consacrée de trente pas (environ 30 mètres) de rayon, zone qui a été, de tout temps, utilisée comme cimetière. On a donc affaire autour de ces ruines à un espace archéologique sensible qui doit être respecté.

L’ASPAHR demande que l’ensemble du site de l’ancienne église des Angles soit préservé pour sa valeur historique et topographique, et ne soit pas menacé par une extension irraisonnée du tissu urbain qui remettrait en cause l’équilibre paysager qui a prévalu jusqu’à aujourd’hui ».

 

Le bureau de l’ASPAHR.