Robert porte un nom de légende ou presque. En effet, son père, photographe par passion, installé dans la commune, a photographié des générations d’habitants. Des communions aux mariages, en passant par les rendez-vous à la fête Arago, des centaines d’estagellois ont chez eux, des souvenirs du temps passé, grâce au papa de Robert.

Ce dernier, après avoir passé une carrière à « France Télécom », est revenu au village. Son métier l’a entraîné de l’URSS à la Guyane, à la Polynésie ou encore à la Réunion. De tout ce temps passé à travers le monde, il a rapporté une passion : celle de la terre.

Nourrir le sol pour que la terre puisse nourrir les plantes

De retour au pays, un choc pour Robert. La plaine d’Estagel quasiment à l’abandon. Des terres incultes, qui minent le territoire, comme autant de déserts qui s’installent, alors que cette terre généreuse a pour vocation de nourrir les hommes.
La passion de Robert était née. L’envie d’être utile à la planète ne demandait plus qu’à s’affermir, se concrétiser.
Première étape, la recherche du foncier qu’il trouvait. 70 ares pour commencer, mises en culture, et déjà des idées pour doubler cette superficie.
Dans le même temps, la nécessité de travailler autrement naissait dans la tête de notre ami. Après avoir bien pris ses marques, avoir eu les contacts nécessaires avec la Chambre d’agriculture, la décision était prise : la bio diversité, l’agro foresterie devait être le support à l’installation de notre jeune retraité.
Nourrir le sol pour que la terre nourrice les plantes, est devenu son leitmotiv et il s’en accommode à merveille.

Passer le flambeau aux générations futures

C’est aussi ce à quoi travaille Robert. Ainsi, son fils Luc et sa belle-fille Naomi, sont venus le rejoindre dans cette aventure. Prudents, ils ont gardé un pied dans leur métier. Mais n’empêche !
Ils mettent tout en œuvre, pour réussir dans cette expérience de vie. Levés aux aurores, ils donnent tout leur temps à la mise en place de l’exploitation. À trouver le cheminement pour faire en sorte que cette dernière assure un revenu et dans le même temps pour redonner toute sa valeur à la terre nourricière.
La permaculture est le centre d’intérêt. Déjà, comme se plait à le montrer Robert, la terre change de couleur. De blanche, elle devient ocre. Des trous fabriqués par les vers, montrent que la terre est en train de retrouver vie. L’arrosage indispensable pour produire est pratiqué au goutte-à-goutte avec le réseau sous pression. Grâce à l’utilisation de la permaculture, l’eau est utilisée de la meilleure manière, sans excès.
Mais ce n’est pas tout. Robert a hérité de son père l’art du bricolage. Ainsi, il met ce dernier au service de la faune. Un perchoir pour rapaces va prochainement être installé. Ces derniers vont bien être utiles pour lutter contre les mulots. Des nids pour autres volatiles sont déjà installés, comme celui pour les chauves-souris qui se nourrissent des papillons de nuit.
Il va s’en dire, que les belles fleurs sont aussi présentes pour permettre aux abeilles de butiner et de jouer ainsi leur rôle de pollinisation.

La vente sur les marchés, dans les meilleurs restaurants

Robert et Naomi, avec leur étal et leur certification « bio », ont fait leur apparition sur le marché du village. Luc, s’occupe des livraisons, mais revient vite au champ ou dans la serre qui assure une production stable.
Car bien sûr, la difficulté essentielle qu’ils doivent surmonter, est celle du revenu. Tout repose sur cette donnée : le revenu.
C’est lui, qui va conditionner la continuité de l’exploitation ou pas.
Alors, rendez visite à ses agriculteurs dont la passion est la terre, la planète, les hommes, les femmes à nourrir le plus sainement possible. C’est le meilleur réconfort et le plus grand soutien que vous pourrez leur apporter.

Joseph Jourda