Décidément, en cette année 2017, les agriculteurs de l’ « Agly », payent une lourde redevance à dame nature. Après la vigne, voilà les abricotiers qui ont souffert du gel. Croisons les doigts pour que dans les vignes et les vergers, d’ici la récolte des fruits, plus aucune intempérie ne vienne aggraver le bilan.

Pour le travail en agriculture, c’est ainsi. C’est la nature qui décide et tout amène au pessimisme, à l’esprit de fatalité. Faisant corps avec cette nature généreuse mais parfois hostile, cette dernière influe inexorablement sur la nature humaine, sur les caractères pourtant bien trempés de nos agriculteurs.

Fin avril, un réveil douloureux

Une nouvelle fois, le thermomètre est descendu trop bas. Les fruits ont gelé. Le lendemain, ils commençaient à joncher le sol. Une misère !
Seuls, ceux qui ont eu le flair de protéger leurs cultures ont tiré leur épingle du jeu et à notre connaissance, ils ne sont pas nombreux.
C’est à nouveau la zone délimitée par Estagel, Montner, Latour-de-France, qui devait être touchée par des températures peu clémentes. C’est dans cette plaine où sont cantonnés en grande partie les arbres fruitiers. Certes, l’abricot n’est pas la première activité agricole de notre vallée, mais elle est un supplément économique non-négligeable. Elle permet, avant les vendanges, d’avoir un apport d’argent frais pour payer les charges inhérentes au ramassage du raisin, d’avoir une certaine tranquillité d’esprit en ces périodes compliquées pour les viticulteurs.
Nous ajouterons que suivant les variétés, les pertes ont été plus ou moins grandes.
Ainsi, sur une même parcelle, la variété « Solane », a enregistré 30 % de dégâts. L’autre, « Héléna du Roussillon », est complètement anéantie.

Très rapidement, la solidarité

Comme devait nous le dire Bernard qui nous a accompagnés sur une de ces parcelles, la Chambre d’Agriculture à, très rapidement, pris les dispositions avec les experts, pour évaluer les dommages. C’est non seulement le premier geste de solidarité, mais aussi le premier pas pour prendre les dispositions nécessaires. À ce que nous en savons, le Crédit Agricole serait près à jouer le jeu. Est-ce que les mesures annoncées suffiront pour palier au nouveau mauvais coup du sort ?
Nous devons préciser, que l’abricot étant un produit à forte valeur ajoutée, les assurances atteignent des sommes très importantes.
Bernard avait envisagé une nouvelle plantation d’abricotiers. « Je remettrais çà à plus tard » devait-il nous dire sur un ton des plus désolés, et de nous expliquer les sommes à investir pour mettre en place un hectare. « Ce sont environ 15 000 euros qui sont nécessaires ». Et comme la prudence est mère de la sagesse, tout est dit !
Une nouvelle fois, nos agriculteurs doivent faire face. Nous sommes persuadés qu’ils vont le faire.
Par ces quelques mots, nous tenons à leur affirmer toute notre solidarité pleine et entière.

Joseph JOURDA.