Certains trésors apportent beaucoup de chaleur à notre douceur de vivre : « C’est à eux que j’offre mon bouquet du 1er mai ! »…

 

 

 

En Roussillon aussi, on transhume nos chevaux !

Tout comme la Catalogne espagnole, l’Italie, la Suisse… le Roussillon fait parti des régions d’Europe où les transhumances de chevaux se perpétuent toujours, grâce à quelques passionnés, dont Nathalie Komaroff fait partie. Hier, samedi matin, c’était LE grand départ pour 250Km, et dans huit jours l’arrivée triomphale sur les hauts-plateaux de Cerdagne.

Une belle épopée, qu’elle perpétue avec la participation de nombreux autres clubs dont le Kentucky-Ranch, Véro & William qui accompagnent le troupeau d’une quarantaine de Mérens du Mas Riols (entre Argelès et Saint-Cyprien), jusqu’à la Ferme de Découverte Saint-André… Puis d’autres clubs, d’autres étapes pour parcourir 250Km de notre plaine du Roussillon à nos montagnes catalanes… Une passion équestre transmise par son grand-père cavalier cosaque.

Pour elle, pas question de transporter en camion des chevaux profondément libres dans leur tête et dans leur mode de vie !

Convoyer son troupeau de Mérens en liberté sur d’immenses territoires vierges, ce n’est pas du folklore, mais une tradition équestre ancestrale qu’elle perpétue.

Cette transhumance se définit comme la migration périodique entre Saint-Cyprien pâturage d’hiver à Porté-Puymorens, pâturages d’été. Destinée à faciliter le bien-être des animaux..

Une tradition vieille de 4 000 ans

« Une forme de nomadisme assagi », la transhumance remonte au moins à 4 000 ans. Après un déclin progressif, la transhumance revient aujourd’hui à l’honneur. Rien d’étonnant à cela : « Elle s’inscrit naturellement dans le développement d’une agriculture durable qui s’avère idéale pour aider à conserver certaines traditions, dont nous avons tant besoin… La transhumance, c’est une forme de nomadisme qui se caractérise par l’éloge de la lenteur, petit à petit le monde redevient plus slow ».

Voyager n’est finalement plus une question de distance kilométrique ! C’est réinventer notre vision de la sagesse et notre rapport à la nature, qui s’accorde avec des territoires aux mille et une facettes. Peut-on imaginer plus beau symbole que ce cheval à la robe de nuit, galopant librement sur les hauts plateaux pyrénéens ? Pourtant, nul besoin d’être poète pour s’émerveiller de cette vision de rêve : il suffit de se rendre au gîte équestre de Nathalie Komaroff*.

Pagnol a dit : « Si j’avais été peintre, je n’aurais fait que des portraits »

Peintre de la nature humaine, précurseur du portrait psychologique et de la valorisation de la culture régionale, il a légué à la postérité des portraits vivants de personnages extraordinaires liés à son enfance.

Nous n’avons plus qu’à espérer qu’il y ait d’autres Marcel Pagnol pour nous émerveiller de nos paysages et des Gens d’aquí, dans ce monde anxiogène, toujours plus inquiétant. Heureusement qu’il y a des femmes et des hommes pour sublimer notre patrimoine immatériel pour nous ouvrir à cette belle expression qui apporte beaucoup de chaleur à notre douceur de vivre: « C’est à eux que j’offre mon bouquet du 1er mai ! ».

 

Hubert Levaufre « La Ferme Découverte Saint-André & Saint-Pierre La Feuille » 
Vice-président de l’OTI Pyrénées-Méditerranée

 

*51 route Lacs, 66760 Porté-Puymorens.