Ce vendredi 27 juillet 2012, Louis Puig, maire de Ponteilla et vice-président de Perpignan-Méditerranée Communauté d’Agglomération (l’agglo PMCA) en charge du dossier LGV (Ligne à Grande Vitesse ferroviaire), remettra au préfet de Région Thierry Lataste, à Montpellier, lors du COPIL (Comité de pilotage), la position écrite de PMCA en dix points à propos de la future LGV qui doit relier Perpignan à Montpellier.

Cette position, portée à la connaissance de tous les maires de l’agglo PMCA le 18 juillet dernier, qui a été amendée par un grand nombre d’élus – dont elle reprend un certain nombre d’observations et d’attentes – reflête donc l’avis général de PMCA sur ce délicat dossier du futur TGV dans sa traversée du territoire de l’agglo, en particulier…

Voici cette position en 10 points :

– 01/ La LNMP (Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan) est un maillon clé (chainon manquant) du réseau transeuropéen de transport, notamment en matière de frêt. La LNMP n’est donc pas un projet d’extension de ligne mais bien le lien qui manque entre deux lignes à grande vitesse à vocation mixte. Il y a donc nécessité que le projet de ligne nouvelle soit réalisé dans sa totalité en grande vitesse. Il s’agit d’un projet global. L’Europe doit absolument participer au financement de ce projet majeur qui fait partie du réseau de base RTE-T multimodal retenu par le nouveau Livre Blanc « Transport 2050 : vers un transport compétitif et économe en ressources » approuvé par l’Union européenne le 28 mars 2011.

02/ La LNMP doit être mixte sur l’ensemble du tracé et pas uniquement sur les « parties les plus circulées ». C’est certainement une des conditions d’un financement européen conséquent.

03/ Il ne serait pas acceptable que la réalisation du projet de LNMP ne se fasse que de Montpellier à Narbonne pour des raisons purement économiques. On peut comprendre que pour un chantier de cette importance, une réalisation par phase soit une nécessité. La DUP doit porter sur la totalité du tracé de Montpellier à Perpignan pour en garantir sa réalisation globale.

04/ Au niveau du territoire de PMCA et plus largement en traversée des Pyrénées-Orientales et au-delà dans les Corbières (séquences 1 et 2), au vu des études réalisées qui en montrent la faisabilité, le tracé historique (PIG) doit être retenu, pour une ligne à vocation mixte, notamment entre Le Soler et Peyrestortes. Les autres variantes ne sont pas acceptables pour nos concitoyens qui connaissent le tracé PIG, inscrit depuis de nombreuses années dans les documents d’urbanisme, saus si dans certaines sections, le tracé dit « de moindre impact territorial » devait être plus favorable pour les populations. La protection contre les bruits de la ligne nouvelle ferroviaire devra être particulièrement soignée (tramontane) entre les communes de Le Soler et Rivesaltes. Sur Opoul-Périllos, nécessité de minimiser et compenser l’impact sur les activités concernées parle projet, importantes pour la commune.

05/ En tout état de cause, PMCA n’accepte pas de rester dans le cadre trop restrictif imposé par la décision du Ministre qui considère que la mixité de la ligne nouvelle ne pourrait se faire que sur la zone depassage prioritaire dite « littorale ». L’acceptabilité d’un projet par les habitants est un élément clé pour sa réalisation.

06/ Afin de rendre le projet le plus performant possible dans une vision du très long terme (100/150 ans), le doublet de ligne – Ligne Nouvelle et Ligne Classique – devra permettre des interconnexions afin de disposer d’un ensemble dont la gestion et la maintenance ne seront pas un obstacle pour le développement de notre territoire. Cela suppose la mise en sécurité de la Ligne Classique, notamment dans ses parties les plus vulnérables (espaces naturels sensibles des étangs). Dans une version à très long terme, la Ligne Nouvelle devrait pouvoir être renforcée, en prévoyant les emprises foncières nécessaires.

07/ Au vu d’éléments récents qui tendent à indiquer que le trafic fret espagnol devrait venir majoritairement de la concession TP Ferro (Catalogne), le contournement fret du coeur de l’agglomération sera une priorité, mais en suivant le tracé historique (PIG) comme indiqué au point 4. En effet, depuis le franchissement de la Têt, les tracés, qu’ils soient uniquement voyageurs ou à vocation mixte se confondent (secteurs Baho, Peyrestortes, Espira de l’Agly et sud de Rivesaltes). C’était d’ailleurs une des demandes faites dès l’origine préalablement à la création du PIG. Deplus, pour des raisons d’acceptabilité du projet (bruit et sécurité) par les habitants de Le Soler qui est la seule commune de l’agglomération PMCA dans laquelle un secteur déjà urbanisé est impacté directement par le tracé de la LNMP, et afin de supprimer la coupure physique que constitue le projet, la Ligne Nouvelle venant et reliant la concession TP Ferro devra être impérativement réalisée en tranchée couverte.

08/ La bonne desserte voyageurs (tous types et notamment pour renforcer les échanges par trains régionaux) de notre territoire (et du département des Pyrénées-Orientales) dépend de ce contournement.

09/ Le tracé de la LNMP doit permettre la réalisation d’une halte ferroviaire à Rivesaltes venant en complément de la gare-centre, ce qui exclut la solution d’une ligne mixte utilisant le tracé de la Zone de Passage Préférentielle « littorale » puisque non possible (courbe).

10/ Enfin, PMCA demande que la question du contournement sud de l’agglomération, pour des trains de fret venant demain depuis la Ligne Classique Cerbère/ Port-Bou, soit prise en compte par RFF gestionnaire du réseau, notamment dès que la pose d’un 3ème rail devient réalité entre Port-Bou et Figuères (Espagne).