Communiqué de presse.

 

 

 

« Nous nous devons de répondre à ce communiqué, parce que nous ne pouvons accepter d’être qualifiés d’irresponsables, ainsi que toutes les personnes qui soutiennent le marché de gros de Perpignan : les institutionnels, les présidents de fédérations et d’associations, de chambres consulaires, les élus, députés…

 

Si le communiqué de presse du 4 décembre est bien construit, il ne reflète en aucune façon la réalité.
Au niveau juridique : la signature précipitée de l’acte de vente de la halle aux grossistes a contraint le juge des référés à se dessaisir du dossier, sans pouvoir examiner le fond du dossier. Les sept recours au fond devant le tribunal administratif de Montpellier sont, quant à eux, toujours en cours d’instruction et conduiront le juge à examiner la légalité des décisions de PMM*.
Nous nous mobilisons en effet pour faire reconnaître que l’espace de la zone des grossistes doit rester dans le périmètre du marché de gros, puisqu’il relève du domaine public inaliénable (ce qui conduira donc à annuler la vente de PMM à Denis GINARD).
Au niveau Fruits et Légumes, le groupe Provence Dauphiné est un groupe qui souhaite instaurer une situation de monopole en rachetant des entreprises grossistes familiales sur un large territoire du Sud de la France, et en étouffant la concurrence directe des producteurs dans les marchés de gros.
A Perpignan cette stratégie est un cas d’école. Au niveau du marché de gros de Perpignan la quasi-totalité des grossistes a été achetée par ce même groupe dirigé par Denis GINARD, et leur activité a été transférée sur le marché International Saint Charles en mai 2016.
Ce transfert des entreprises GALUP et GAVIGNAUD, (grossistes de carreaux) a dévié les flux économiques du marché de gros, zone publique en développement dans le cadre d’un intérêt général, et présentant des synergies d’entreprises grâce à une libre concurrence, vers la zone du marché International Saint-Charles, zone privée.
Cette pratique a donc pour conséquence d’isoler la halle aux carreaux des producteurs ainsi que le dernier grossiste indépendant du marché de gros.
Il n’est donc pas étonnant qu’il ne reste plus qu’une seule entreprise grossiste sur le marché de gros puisque c’est lui-même qui a transférées ces sociétés ailleurs ! Il a déménagé ses deux sociétés qui entretenaient des relations commerciales avec la halle aux carreaux et les producteurs dès 2016, lorsque le vice-président à l’économie et le Président de Perpignan Méditerranée ont décidé de lui vendre l’ensemble immobilier.
Mais revenons au groupe Provence Dauphiné, au niveau logistique, le groupe souhaite se diversifier dans des activités de logistique « dernier kilomètre », de « tout produit » et donc hors alimentation. Il convient de distinguer la filiale chronopost food et la filiale Urby (https://www.urby.fr/). La première étant spécialisée dans les produits frais alimentaires et la deuxième dans la logistique urbaine « tout produit ». Ces projets de logistique urbaine tout produit existent bien dans la plupart des métropoles et seraient une véritable opportunité pour Perpignan.
Cependant, une telle activité doit obligatoirement se développer en dehors des marchés de gros et non à l’intérieur. Tous les marchés de gros de France ont les acteurs logistiques hors des marchés : Grenoble, Lyon, Toulouse et le projet Urby etc.), afin de ne pas casser leur dynamique économique alimentaire en conservant leur modèle économique structurel. D’où le soutien du président de la Fédération des marchés de gros de France entre autres.

A l’intérieur des marchés de gros, il y a des opérateurs (des grossistes, fruits et légumes et agro-alimentaires avec une halle aux carreaux de producteurs) qui ont les mêmes clients, et qui opèrent entre eux des transactions commerciales.
Le pôle logistique que veut créer Denis GINARD, ne fera que du transit, de la livraison d’un point A à un point B, et n’apportera absolument rien aux producteurs, aux acheteurs, aux grossistes, à tous les professionnels usagers du marché de gros, que ce soit des fruits et légumes ou autres produits.
C’est donc la mort assurée du marché de gros de Perpignan-Méditerranée.
Cette plate-forme logistique va selon lui créer 40 emplois ?, combien d’emplois perdus, si la halle aux grossistes se transforme en outil logistique, le marché de gros fait vivre des centaines de familles, et permet de maintenir l’agriculture péri-urbaine.

 

Il faut alors :

 

– Se demander pourquoi Provence Dauphiné ne réalise pas cette activité dans Saint Charles International ?
– Demander à PMM et à l’agence de développement économique pourquoi un pôle logistique devrait obligatoirement être développé dans l’enceinte du marché de gros de Perpignan au détriment des acteurs locaux qui y exercent leur activité, et non ailleurs comme à Toulouse, ou sur les autres métropoles, afin de faire du développement économique.
En rachetant la zone grossiste du marché de gros de Perpignan et en sollicitant la métropole pour y développer à moyen terme une activité logistique tout produit (via une modification du périmètre du règlement intérieur du marché votée par PMM, qui va permettre des activités hors alimentation), Denis GINARD a donc pour ambition :
– de réduire les volumes de vente en gré à gré des agriculteurs
– d’isoler ses concurrents en fruits et légumes
– de réaliser une acquisition foncière dans un périmètre d’intérêt économique public protégé partout en France (sauf à Perpignan donc !)
Il convient donc très logiquement de dire que ce projet de plateforme logistique aboutit à bafouer l’intérêt économique général au profit d’un intérêt personnel.
Il est également inconcevable de dire que l’association de défense du marché ne représente pas l’intérêt général au vu des arguments précédents, et par le fait qu’elle regroupe toutes les catégories d’acteurs économiques de la filière fruits et légumes : producteurs, commerçants, grossistes ; avec le soutien de la fédération nationales des marchés de gros, de la FDSEA, des JA, de la Chambre d’agriculture …
Nous demandons aux pouvoirs publics et plus précisément aux 42 élus** de la Communauté Urbaine (PMM) de :
– RECONNAITRE L’INALIENABILITE DU SITE DU MARCHE DE GROS DE PERPIGNAN
– MAINTENIR la Halle aux Grossistes dans le périmètre du Marché de Gros afin de SECURISER l’avenir de l’ensemble du Marché de Gros
– RETIRER les grillages et portails installés en 2018 par PMM qui brident les échangent entre les producteurs et les grossistes
– ACCEPTER les demandes d’extensions des entreprises déjà installées sur le Marché de Gros
– ACCEPTER les demandes des entreprises en lien avec l’activité du Marché de Gros qui souhaitent s’y installer
– DEPLACER l’activité du centre de contrôle douanier qui génère des nuisances sonores et atmosphériques aux habitations limitrophes dû au trafic des camions en provenance principalement du Maroc (plusieurs recours sont en cours d’être déposés par les riverains)
– NE PAS SACRIFIER L’ACTIVITE DU MARCHE DE GROS ET DE FAIRE CONFIANCE AUX ACTEURS HISTORIQUES ACTUELLEMENT UTILISATEURS DU SITE POUR LE DEVELOPPER
– DEVELOPPER URGEMMENT DANS LE PERIMETRE DE LA ZONE SAINT CHARLES des zones d’activités pour toutes les entreprises qui souhaitent y développer des activités logistiques ».

 

 

 

*La communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole (PMM) regroupe trente-six communes avec près de 290 000 habitants.

**Le bureau communautaire et ses délégations comptent 42 membres.