Les producteurs de fruits en colère « face à une concurrence déloyale venue d’Espagne », se sont attaqués aujourd’hui à un symbole de l’économie départementale, régionale et nationale, véritable poumon de l’activité locale : le Marché International Saint-Charles (MISC).
A l’image de leurs collègues agriculteurs des départements des Bouches-du-Rhône, du Gard et du Vaucluse, qui les avaient précédés sur le calendrier toute cette semaine durant, les producteurs de fruits et légumes des Pyrénées-Orientales sont donc passés à l’action, ce vendredi 12 août 2011, en organisant des barrages dans tout le secteur du MISC et en déversant sur la chaussée des dizaines de tonnes de fruits.
Le MISC de Perpignan fait partie des trois centres d’éclatement qui canalisent et dispatchent, au coeur de l’Europe, les fruits et légumes. Dans l’ordre d’importance : Saint-Charles International en France, Munich en Allemagne et Milan en Italie. Saint-Charles International, véritable port terrestre, regroupe les produits en provenance du Sud pour les éclater grâce à une puissante logistique sur l’ensemble du territoire européen. Il est capable, chaque jour et en un temps record, d’éclater une palette de fruits et légumes sur n’importe quelle destination à l’international.
La plateforme-multipodale Pyrénées-Méditerranée, reconnue d’intérêt européen depuis 1997, est constituée d’un partenariat public – privé réussi. Composée d’un syndicat mixte réunissant l’ensemble des institutions du département, avec à ses côtés un comité d’orientation stratégique présidé par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) des Pyrénées-Orientales, elle a pour objet de « développer les complémentarités et mettre en synergie les six sites logistiques du département ». La plateforme-multimodale « Pyrénées-Méditerranées » est dans le club fermé des dix plateformes d’intérêt européen !
En « s’attaquant » à ce modèle, authentique symbole d’une certaine réussite « made in Roussillon », en investissant les lieux pour en paralyser le fonctionnement le temps de pousser « un cri de désespoir » devan les médias, les producteurs de fruits des P-O témoignent ainsi de leur colère, certes, mais aussi et surtout de l’extraordinaire crise dans laquelle ils s’enfoncent, jour après jour. Ainsi, aujourd’hui, preuves à l’appui devant les caméras, ils ont démontré l’ampleur du désastre et les conditions dans lesquelles ils tentent de survivre « face à une insupportable concurrence déloyale venue de la péninsule ibérique… De l’autre côté des Pyrénées, les charges salariales et patronales sont deux à trois fois inférieures à celles des agriculteurs français… Par ce genre d’actions, nous souhaitons sensibiliser les pouvoirs-publics, atteindre Bruxelles, car cette situation n’est plus tenable (…) ».