Comme nous l’annoncions dès le 11 avril 2011 en exclusivité, c’est finalement le groupe Véolia Transport qui a été choisi pour assurer à l’avenir la gestion de l’aéroport de Perpignan-Rivesaltes, appelé également « l’aéroport de la Llabanère ». L’information a été confirmée depuis le Conseil régional à Montpellier, d’où le 1er vice-président de la Région, Robert Navarro, en charge justement des Transports, a annoncé : « Nous avons choisi Véolia pour une délégation de service public (DSP) de sept ans parce que son offre a été jugée la plus performante en termes de service rendu, d’objectif de développement, de coût pour la collectivité et de garanties pour les 80 employés de la plate-forme », selon encore une dépêche de l’AFP.

Il faut savoir que la Région Languedoc-Roussillon est copropriétaire de l’aéroport de Perpignan (à hauteur de 70 %), au sein d’un syndicat mixte constitué avec le Conseil général des Pyrénées-Orientales (15 %) et l’Agglo Perpignan Méditerranée Communauté d’Agglomération (15 %).

Trois concurrents faisaient face à Véolia : l’actuel gestionnaire Vinci Aéroports (associé à la Chambre de commerce et d’industrie de Perpignan et des Pyrénées-Orientales), le canadien SNC Lavalin (Groupe d’ingéniérie), et le groupement Egis Projects (filiale de la Caisse des Dépôts).

Dès le 11 avril dernier, lors de l’attribution de la gestion de l’aéroport « Carcassonne/ Pays Cathares » au groupe Véolia Transport déjà, des « fuites » avaient permis d’anticiper le choix définitif de la Région Languedoc-Roussillon concernant l’aéroport de Perpignan-Rivesaltes. En effet, le dossier présenté par Véolia Transports, et qui était déjà logiquement connu des décideurs à ce moment-là, était nettement au-dessus des ambitions minimales avancées par la concurrence. Il était présenté en coulisses comme celui « qui tenait le mieux la route ». D’ailleurs, les propos de Robert Navarro viennent appuyer cette thèse désormais présentée comme officielle : « Nous avons travaillé depuis dix-neuf mois sur ces questions, si un autre groupe avait été plus performant que Véolia nous l’aurions choisi sans état d’âme (…) ».

L’aéroport de Perpignan, dont les infrastructures sont souvent qualifiées de « vieillissantes et d’obsolètes », par les acteurs régionaux et locaux de la vie économique et politique, a connu une chute spectaculaire de son trafic (surtout depuis que au début des années 2000 la célèbre compagnie aérienne irlandaise Ryanair a installé sa plate-forme à Gérone, de l’autre côté des Pyrénées à une petite centaine de kilomètres au sud), avec un nombre de passagers qui est descendu de 645 000 en 2002 à 373 000 en 2010. A terme, le nouveau délégataire vise un nombre annuel de passagers de l’ordre de 500 000.

Le plus étonnant, aujourd’hui, est de voir – et d’entendre surtout ! – des chefs d’entreprise (certes minoritaires), des élus (certes inconsistants) et certains médias roussillonnais (certes peu crédibles) monter au créneau pour fustiger, avec férocité et une violence coutumière, le choix de la Région dans ce dossier. Car ceux-là même, fin 2010, lors des élections consulaires pour le renouvellement des élus de la CCI de Perpignan et des P-O, n’en finissaient pas d’essayer de « plomber » l’équipe dirigeante sortante de Bernard Fourcade (réélue avec brio) en lui reprochant tout le long de la campagne, surtout, de ne pas avoir su gérer l’aéroport de la Llabanère… Aujourd’hui que, justement, une décision abonde dans leur sens, les revoilà impudemment cyniques et stupides, braillant et vociférant,  poussant des cris d’indignation et jurant la main sur le coeur… Heureusement qu’il y a longtemps, belle lurette en tout cas, que le ridicule ne tue plus (en Roussillon du moins !).