Communiqué de presse.

Les viticulteurs sont confrontés cette année à une très petite récolte, résultant du gel d’avril 2017 et de la sécheresse des années 2016 et 2017. Depuis trois décennies, les récoltes ont tendance à diminuer, d’une part en raison des conditions climatiques et d’autre part du réencépagement avec des variétés inadaptées pour les régions méditerranéennes. Ajoutons à cela la politique d’arrachage des vignes et les fusions-destructions des caves coopératives financées par l’Union Européenne.

Notre viticulture aborde cette récolte pratiquement exsangue, sans réserve de trésorerie pour un bon nombre de vignerons. Les importations massives (12,5 millions d’hl en 2016), à des prix largement en dessous des cours français, ont fait que le vin s’accumule dans les cuves. C’est là le résultat de la politique de la concurrence libre et non faussée de l’Union Européenne et la suppression de tous les outils de régulation par les différents gouvernements depuis 20 ans.

La plupart des viticulteurs risquent de ne pas passer l’année s’ils n’ont pas une aide directe de l’État. La proposition de prêt, même à faible taux, n’est pas envisageable avec le prix actuel du vin et des rendements trop bas.

Pour le MODEF la solution réaliste c’est que l’État subventionne, directement, les exploitations familiales les plus fragilisées, avec un plafonnement. Pour les mêmes raisons, il n’est pas acceptable d’imposer qu’une assurance climatique puisse être obligatoire pour les agriculteurs, Ce serait injuste et inadmissible de soumettre des viticulteurs au chantage suivant : « Vous n’aurez d’aide, en cas d’aléas climatiques, que si vous êtes assurés ! »

Le MODEF propose une mutualisation pour la création d’une assurance, pour et par les agriculteurs, en prélevant une cotisation annuelle sur les productions.

Le MODEF demande un dégrèvement de la TFNB (taxe foncière sur le non bâti) ainsi qu’une aide aux cotisations MSA qui doivent être prises en charge par l’État. Il n’y a aucune raison de ponctionner encore le régime général de la Sécurité Sociale qui représente le salaire différé du monde ouvrier. Le monde agricole est d’autant plus fragilisé que les dotations aux communes et diverses collectivités diminuent, rendant plus difficile encore le fonctionnement des services publics. Depuis des années, nous voyons disparaître nos écoles, les Postes, les perceptions, les hôpitaux…

Pour le MODEF, il faut, pour nous sortir de toutes ces situations, un prix du vin qui puisse nous faire vivre. Pour cela, le MODEF revendique le retour aux coefficients multiplicateurs et des prix planchers fixés et garantis par l’État : 100€ l’hl pour un vin IG, 150 € pour les IGP et 200 € pour les AOP génériques.