Nous y voilà ! Le bas du panier est là. Le panier est même percé.

Depuis des années, en l’absence totale d’une politique touristique digne de ce nom pour tenter de tirer vers le haut l’attractivité du Roussillon – c’est même à se demander si dans les P-O il existe des structures institutionnelles, et surtout un projet, pour s’occuper de l’industrie du tourisme dans le cadre des collectivités territoriales – le département attire pour partie une population estivale dont on se passerait bien.

Ici, c’est une famille toulousaine qui insulte et menace un restaurateur parce que celui-ci complet ne peut les recevoir. Là, ce sont deux quinquagénaires parisiens qui saccagent entièrement une officine parce que la pharmacienne refusait de leur rembourser une bombe aérosol usagée, qu’ils avaient abîmée et qui par conséquent ne fonctionnait plus. Là encore, c’est une couple du Morbihan qui abandonne au beau milieu de la voirie son SUV pour aller faire bronzette. Ici et ailleurs, ce sont des jeunes qui se regroupent la nuit pour vandaliser un mobilier urbain « en s’amusant »… Un couple de Lille avec un enfant qui réserve une location de vacances et qui débarque à 7 personnes ! Une autre réservation pour 5 individus de l’Est de la France qui arrivent à 13 et qui bousculent le propriétaire des lieux qui refuse logiquement de les laisser entrer… Des insultes et des coups pour une place de parking. Des bagarres nocturnes en veux tu en voilà, au Barcarès, à Canet-plage et à Argelès-sur-Mer. Des menaces de mort pour un rien. Des incivilités en permanence. Etc.-etc.

Dans les villages, dans les communes de moindre importance, les élus n’ont plus les moyens de faire face. S’ils mobilisent un policier municipal pour la nuit, ce sera un agent en moins pour assurer la sécurité au quotidien. Alors, chacun espère, prie dans son coin, pour que la situation ne dégénère pas, quitte a être pris à partie en tant que maire parce que, alerté en pleine nuit par un voisinage et des riverains ulcérés, il sera parti lui-même à la rencontre des « sauvageons »… Drôle d’époque.

Et, à la télé, dans les journaux, dans les médias, des experts qui viennent la main sur le coeur justifier tous ces actes par la période de confinement subie à cause de la crise sanitaire liée au COVID-19 (coronavirus). On croit rêver ! En attendant, ce pays marche sur la tête. La journée, en été, de Leucate à Cerbère, sur le littoral catalan, il est désormais plus facile de trouver du shit, de la beuh, de la weed ou 1 gramme de cocaïne plutôt qu’une baguette de pain ou un paquet de clopes. Et sans rien risquer svp.

La Vérité est ailleurs. C’est que depuis des années, en France, on ne sanctionne plus tous ces « petits riens » qui pourtant empoisonnent le quotidien de millions de gens… Les tribunaux sont engorgés, on manque d’effectifs, les prisons sont pleines… Et vogue la galère !

Les deux énergumènes qui en début de semaine ont mis à sac une pharmacie d’Argelès-plage avec une violence inouïe, sont repartis libres après avoir déposé devant les gendarmes. Ils seront convoqués au tribunal en mars ou avril 2021… Si on les retrouve, s’ils (re)viennent. Décidément, on vit une époque formidable !

L.M.