(Vu sur la Toile)

 

Automobiles d’occasion : un marché en pleine décrue
(Loïc Grasset – Rédaction Paris-Match)
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Paris-Match.- L’année 2021 s’était achevée en fanfare pour l’automobile d’occasion. Avec six millions de véhicules vendus (+8% par rapport à 2020), la seconde main affichait une santé insolente. D’autant que les ventes de véhicules neufs continuaient de patiner: 1,6 million d’unités écoulées en 2021 (+0,5% par rapport à 2020). Très loin des ventes record de 2019 (2,2 millions de voitures). Mais cette année, patatras! En avril, le marché des véhicules d’occasion a enregistré une baisse de 16,9% par rapport à avril 2021 avec, selon l’organisme de référence AAA Data, 434 730 immatriculations.

 

Comment expliquer cette décrue? « D’abord, il y a pénurie de véhicules récents, explique Christophe Winkelmuller, patron de L’Agence automobilière, un réseau de plus de 100 franchisés en France. Les stocks se sont vidés. Tout le monde continue de rouler dans son ancienne voiture. Cela freine l’arrivée de véhicules de seconde main. » Avec les craintes sur le pouvoir d’achat, de nombreux consommateurs ne s’engagent plus ou reportent leur décision. Il faut dire que les véhicules d’occasion coûtent de plus en plus cher.

 

Seules les marques premier prix continuent de bien vendre leurs modèles à prix menus

 

Chez L’Agence automobilière, le prix moyen s’est accru de 1 100 euros en un an, passant de 13 900 à 15 000 euros. Par ailleurs, la voiture devient de moins en moins indispensable pour beaucoup d’urbains, qui adoptent d’autres formes de mobilité . Plus les voitures sont récentes, plus la baisse est forte : – 33% sur les véhicules de moins de 1 an, – 5% sur ceux de 2 à 5 ans.

De façon générale, les berlines allemandes (Audi, BMW, Mercedes) sont moins demandées, tout comme les diesel qui, bien que représentant encore 55% des ventes, perdent 13% au premier trimestre de 2022. Seules les marques premier prix comme Dacia ou les coréennes (Kia, Hyundai) continuent de bien vendre leurs modèles à prix menus.

« Je vois des clients arrêter de rouler en Mercedes pour passer à Dacia. On peut appeler cela du déclassement. Je préfère dire que c’est du pragmatisme, témoigne Christophe Winkelmuller. Idem pour les couleurs : le marron ou le grenat, jadis peu prisés, trouvent aussi preneurs. Certains modèles très demandés comme la Dacia Sandero ou la Toyota Yaris présentent même des prix similaires en neuf et en occasion. Restent à marée haute les véhicules hybrides (+35%) et les électriques (+66%), dont les volumes sont toutefois marginaux. Chez L’Agence automobilière, cela représente 6% des ventes, le double de l’année précédente. Car l’électrique reste cher. L’autonomie et la recharge de batterie rebutent encore de nombreux clients ».