Après la vallée de Agly et ses crus d’exception l’an passé, la Chambre d’Agriculture du Roussillon – présidée par Michel Guallard – avait choisi cette année d’inviter le préfet des Pyrénées-Orientales, René Bidal, à découvrir la Côte Vermeille et ses non moins prestigieux crus banyuls et Collioure dans le cadre de l’actualité viticole : les vendanges.

Avant de rejoindre la cave du GICB (Groupement Interprofessionnel du Cru Banyuls), la délégation, composée d’élus, de fonctionnaires du secteur ainsi que de professionnels de la vigne et du vin, s’est rendue au domaine Berta-Maillol, merveilleusement situé sur la route de plus en plus touristique du Col de Banyuls.

René Bidal, préfet des P-O, et Jean Rède, maire de Banyuls-sur-Mer.

Aux côtés donc du Préfet et du président de la Chambre d’Agriculture, on retrouvait des personnalités telles que Jean Rède (UMP), maire de Banyuls-sur-Mer et ancien vice-président du Conseil général, accompagné d’élus de son conseil municipal, Pierre Aylagas (PS), député de la 4ème circonscription des P-O et président de la communauté de communes Albères/ Côte Vermeille (accompagné dit-on de son successeur désigné à la mairie d’Argelès-sur-Mer, Antoine Parra), Alain Esclopé, président départemental des chasseurs des P-O et ancien député européen, Jean-Paul Ramio, le pape du cru banyuls et protecteur de l’appellation créée par feu le docteur André Parcé, ancien maire de Banyuls (…) et fondateur de l’association Gastronomie en Roussillon, Roger Torreilles, ancien maire de Baixas et ex conseiller régional, président des caves Dom Brial…

Michel Guallard, président de la Chambre d’Agriculture du Roussillon, le préfet René Bidal et Yvon Berta, vigneron des crus banyuls et Collioure.

C’est Yvon Berta, le patriarche des lieux, dont la sœur du célébrissime sculpteur Aristide Maillol était son arrière grand mère – d’où le nom du domaine Berta-Maillol – qui a accueilli tout ce beau monde, en compagnie de ses trois fils : Jean-Louis, Michel et Georges.

Après avoir dressé l’historique familial du domaine dans la cave, rappelant au passage avoir « travaillé » pendant plusieurs décennies avec celle qui fut la muse et l’égérie de Maillol, Dina Virni, le vigneron Yvon Berta, au physique impressionnant de pâtre grec issu de la littérature, s’est transformé en orateur (et surtout en conteur) de talent pour entre autre planter le décor d’un pan de l’économie locale, la vigne et le vin.


La cave du domaine Bertha-Maillol serait la plus ancienne du Cru banyuls encore en activité, et certainement l’une des plus anciennes ancrée sur le sol roussillonnais, puisque selon Yvon Berta « en 1611 un ancêtre vinifié déjà dans la cave ».

Le domaine s’étire sur 14 hectares de vignes en production de collioure et banyuls et emploie sept personnes en permanence. Le rendement annuel est de l’ordre de 20 hectos par hectare : « Cette année, la quantité ne sera pas au rendez-vous, mais la qualité oui car les raisins sont très beaux. Et bons ! Il nous reste encore deux-trois journées de cueillette à effectuer, il s’agit de vendanges tardives. Ça se présente plutôt bien donc, même si les volumes sont réduits mais d’excellente qualité ! (…) ».

Jean-Paul Ramio et Yvon Berta.

Le domaine Berta-Maillol produit entre 25 000 et 30 000 bouteilles bon an mal an. Leur commercialisation se fait directement à 80% : vente auprès des particuliers depuis la boutique, située en front-de-mer à deux pas de la mairie de Banyuls, ou la cave). « Le panier moyen est plus élevé lorsque le client vient acheter dans notre cave, où il dépense plus, que dans la boutique ».

Devant les personnalités présentes dans la cave familiale, Yvon Berta a évoqué divers problèmes que le domaine rencontre : les dégâts causés par les sangliers dans certaines vignes, ainsi que « la grosse problématique pour nous c’est le coût de la main d’œuvre… et l’accès afin d’améliorer  l’accueil des gens. L’activité touristique de notre cave est compliquée dans le fait que cette route est de plus en plus fréquentée : c’est un accès vers l’Espagne, une route qu’empruntent désormais bon nombre de vacanciers qui séjournent à Argelès-sur-Mer et qui veulent éviter les classiques bouchons du Perthus et de La Jonquère (…). Ça devient un peu difficile. Il faudrait aménager la circulation sur cet axe. Ça nous amène certes une manne touristique, mais également beaucoup d’inconvénients (…) ».

Yvon Berta a aussi évoqué « le problème des vignes abandonnées, de plus en plus nombreuses dans le cru banyuls-Collioure, et qui ne seront jamais reprises… ».