La troupe théâtrale de Saint-Laurent

Ils l’avaient annoncé sur leur affiche : « Deux heures de rire assurées… ». Promesse tenue ! Dans une reprise parfaite, impeccable, de l’unique pièce marrante de Laurent Baffie, « Toc Toc » (pour Trouble Obsessionnel compulsif), les amateurs de la troupe de  l’Atelier Théâtre Saint-Laurent nous ont offert une « comédie théâtrale » bien rythmée, qui réserve une cascade de bons moments, bref un divertissement des plus agréables, impressionnant de sincérité et de vérité(s). Les sept comédiens bénévoles – quatre femmes et trois hommes – qui méritent largement leurs indemnités d’intermittents du spectacle, et surtout des cachets d’acteurs professionnels, font preuve ici d’une remarquable habileté dans le langage et le comportement. Mention spéciale pour M. Claude-Ollivier Augeraud qui, dans le rôle de la personne atteinte du syndrome « Gilles de la Tourette », est tout simplement mo-nu-men-tal. Comme on vous l’écrit.

Deux heures de rire assurées, effectivement, grâce à une joyeuse pièce de boulevard merveilleusement servie par un scénario où la confusion des genres et des sentiments permet une liberté d’interprêtation gestuelle magique, pour peu que les interprêtes aient du Talent. Qu’ils soient un brin doués.  Et c’est bien le cas ici. Plusieurs personnes atteintes de phobies et compulsions diverses (TOC) se retrouvent dans la salle d’attente d’un ponte qui n’arrive pas, et qui ne viendra jamais, à cause soi-disant d’un avion qui cumule retard sur retard au décollage. Ou à l’atterrissage, on ne sait plus. Dans le genre « On n’échappe pas à son destin, le spectateur est servi. Du début à la fin ! C’est une farce, c’est une leçon de tolérance, c’est une excellente caractérisation de personnages qui ne sont pas complémentaires (ni de près ni de loin), c’est un mélange très réussi entre des fictions quotidiennes et d’infinies variations autour de la comédie humaine, c’est troublant… C’est surtout drôle, très très drôle, plein d’émotions. Chaque minute, ou presque, on rit à ventre déboutonné des TOC des uns et des autres, on rit à gorge déployée, sans que jamais cela ne frise le ridicule, la vulgarité, ou la moquerie méchante. De confessions savoureuses en répliques parfaites, on a vraiment l’impression dès la première partie de la pièce, de participer à un groupe de parole dans l’antichambre d’une réunion des « alcooliques anonymes ».

Les comédiens – théâtre oblige – sont aux cent coups, battent la chamade… et passent par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Pour notre plus grand bonheur. Car avec eux, c’est sûr et certain, on ne s’ennuie jamais. Oh grand ja-mais !

Le seul regret qui nous anime en les quittant, c’est de penser que le spectacle est terminé. Que la page est tournée ! Car la « première » – c’était vendredi soir au Foyer rural de Saint-Laurent-de-la-Salanque, avec du beau linge s’il vous plait, dont Monsieur le député-maire de Saint-Laurent, le docteur Fernand Siré et Mme – était aussi la « dernière ». Non, c’est pas possible ! Ils déconnent là, faut qu’ils reviennent vite, ils nous ont tellement amusés et fait rire… Que ça ne peut pas s’arrêter comme ça. Grâce à eux, on sait que le mot « gaieté » a encore du sens pour donner du rythme à la vie. BRAVO ! Et merci, encore et encore.