Jordi Pere Cerdà, né Antoine Cayrol, à Saillagouse, le 4 novembre 1920, est décédé le dimanche 11 septembre 2011, à 15 h 15, à son domicile perpignanais, rue du commandant Pruneta. Il aurait eu 91 ans le 4 novembre prochain.
Sa crémation a eu lieu dans la plus stricte intimité familiale, ce mardi 13 septembre 2011 à 18 h, à Canet-en-Roussillon.
Ecrivain et poète, mais aussi dramaturge et romancier français d’expression catalane, Jordi Pere Cerdà était avant tout « le barde de sa région natale, la Cerdagne », le toit du département des Pyrénées-Orientales, une région de hautes montagnes partagée entre l’Espagne, la France et la Principauté d’Andorre ; région qu’il n’a jamais quittée !
Nombreux sont les auteurs et acteurs de la vie culturelle catalane (et c’est même unanime !) à louer les qualités et le talent de cet artiste-écrivain dont l’oeuvre – poésie, théâtre, romans, essais – aura joué incontestablement (et c’est d’ailleurs incontesté) un rôle, une mission, de tout premier plan dans le développement et le rayonnement de la culture et de la langue catalanes. Cet engagement lui vaudra le prix littéraire barcelonais, « Escriptor de l’any », ainsi que le prix de la Literatura de la Generalitat de Catalogne (à Barcelone), en 1986, sans oublier l’inestimable Creu de Sant-Jordi (en 1996), le Prix d’Honneur des Lettres catalanes (1995) ou encore le Premi Nacional de Literatura de la Generalitat de Catalunya (1999).
Son oeuvre est également une oeuvre engagée au sens où elle porte la marque des engagements politiques et sociaux de son auteur, d’une part dans la Résistance et, d’autre part, au Parti communiste français.
Que ce soit pour parler de l’auteur, Jordi Pere Cerdà, ou de son oeuvre – une quinzaine de poésies, quatre pièces de théâtre, des romans, etc-etc – André Bonet, fondateur et président du CML (Centre Méditerranéen de Littérature) résume ce parcours inestimable en un seul mot : « Immense ! ». Récemment encore, en 2007, Jordi Pere Cerdà avait reçu des mains de Christian Bourquin, alors président du Conseil général des Pyrénées-Oriantales, le Prix Méditerranée (créé par André Bonet justement). C’était le 17 avril 2007 très exactement.
Pour ce qui est de ses romans, il faut notamment signaler « Contalles de Cerdanya » (publié en 1959), « Col.locacio de personatges en un jardi tancat » (1984 et une réédition en 1993), « Passos estrets per terres altes » (1998) et « La Dona d’Aigua del Lanos » aux éditions Trabucaire en 2001).

Après la disparition, en février dernier, du « Rossignol du Roussillon » (Jordi Barre), le décès de Jordi Pere Cerdà marque aujourd’hui la fin d’une grande et riche époque qui a permis à la culture et à la langue catalanes, depuis leur ancrage sur le sol roussillonnais, de vibrer jusqu’à la fière capitale de la Catalogne, Barcelone, en maintenant un lien fraternel désormais indestructible. Car, comme chacun sait, les écrits restent.