Sous le titre d‘ »Un tramway nommé Désir », le vernissage de l’exposition de l’artiste s’est déroulé samedi 18 avril à la Galerie Artrial, en présence de nombreuses personnalités.

Née en 1979 à Moscou, Anastassia Bordeau vit et travaille à Paris. Elle expose dans le monde entier (New-York, Moscou, Paris, Genève…)
Des tableaux se trouvent dans la collection du Musée d’Art Moderne de Moscou, la collection de la Fondation Colas en France et dans des collections privées de France, de Suisse, de Russie, de Belgique, d’’Allemagne et des Etats-Unis.

Anastassia Bordeau peint la solitude qui résulte de l’’éparpillement et de l’’exacerbation née des sollicitations multiples. Elle montre le désarroi qui préside au fonctionnement de la société ordinaire, incitée à imaginer, à désirer, à vivre au niveau premier des sens, de la pulsion du désir, par le biais d’’images qui ont perdu toutes possibilités de sublimation et plus encore celle d’’ouvrir vers une transcendance.

Le point de départ pourrait être le constat que le monde moderne, dont l’’échange est l’’un des maîtres-mots, traversé comme jamais il ne l’’a été de circulations multiples, facilitées par un urbanisme soucieux de ménager des espaces de rencontre, qui est connecté en réseaux toujours plus denses, isole chaque individu plus qu’’il ne saurait l’’être dans une société traditionnelle.

La réponse à ce paradoxe est justement que dans ce monde de communication, l’’individu est l’’unité de base. L’’individualisme commandant le rapport à l’’autre.

L’’autre dimension de la réflexion serait la ville, dans sa dimension de mégapole. Autre avatar de la modernité, si vaste dans son offre démultipliée de rencontres, que l’’on s’y perd. Qui bruisse, débarrassée de la censure des proches, de désirs anonymes. Lesquels, faute d’’objet, dégénèrent en phantasmes. Les réseaux dits sociaux le démontrent tous les jours. Mais en même temps la ville, à cause d’un déficit de relations qui limitent le plus souvent son offre à des contacts furtifs, se révèle être un lieu de solitude.

 

Exposition visible jusqu’au 30 mai
Mardi-samedi, 10-12h et 14-19h
Galerie Artrial, 30, place Hyacinthe Rigaud, Perpignan.