Le 22 juin 2010, la 26e édition du Prix Méditerranée consacrait Dominique Baudis pour « Les amants de Gibraltar » (Grasset). Créé en 1984 par le CML (Centre Méditerranéen de Littérature)… à Perpignan et constitué d’un jury d’éminentes personnalités du monde des lettres et fort du soutien de l’Académie française et de l’Académie Goncourt, le Prix Méditerranée distingue chaque année des auteurs issus du bassin méditerranéen.

Cette année-là les prix ont été attribués à Dominique Baudis, mais aussi à Amos OZ pour « Scènes de vies villageoises » (Gallimard) et Alain Vircondelet pour « Albert Camus, fils d’Alger » (Fayard).

Cette édition 2010 des prix Méditerranée a été aussi l’occasion d’animer à Perpignan, dans les salons de l’hôtel Pams, une réflexion sur la littérature et la place du livre en Méditerranée. Elle proposait sur une idée de Dominique Baudis, un temps fort – objectif premier du prix : développer par la culture, dénominateur commun incontestable des peuples de Méditerranée en termes de communauté de civilisation et d’histoire, le lien entre tous les peuples de la Méditerranée.

Constant et souriant, Dominique Baudis qui avait présidé aux destinées de l’Institut du monde arabe, affichait la sérénité d’un sultan. Il a mené de front son rôle de diplomate de la culture et une carrière d’écrivain adepte du roman historique. Les Amants de Gibraltar, prix Méditerranée 2010 raconte une intrigue stratégique autour du basculement central des civilisations en Méditerranée. Espionnage et théologie, choc des empires, mélange des cultures et amours tumultueuses au cœur d’un Moyen Age décisif. Avec la disparition de Dominique Baudis, la Méditerranée perd un de ses plus fidèles défenseurs et le CML un précieux ami.

Le CML présente à son épouse Ysabel Saïah Baudis et à toute sa famille ses condoléances les plus attristées.