Plus de 200 personnes se sont déplacées samedi matin pour rencontrer les co-auteurs d’un ouvrage qui met en lumière des figures de proue qui se révoltent contre la pauvreté. Présidée par le maire de Perpignan, Jean-Marc PUJOL, et animée par Jean-Jacques BEDU et Yann PROIX du Centre Méditerranéen de Littérature (CML), la conférence a passionné l’auditoire.

André Bonet et Michel Bolasell brossent une trentaine de  portraits d’insurgés qui ont choisi le camps des pauvres  dans un livre qui vient de paraître  aux éditions Philippe Rey. Cette armée de la bonté témoigne de ce que l’humanité a finalement de meilleur. François d’Assise, jeune mondain, s’est défait de ses richesses encombrantes. Ce vagabond du partage trouve écho aujourd’hui chez François, le pape des pauvres.

Le refus de la misère

Vincent de Paul a créé une œuvre de charité qui dure plus longtemps que les empires de la finance. Benoît Joseph Labre, le routard, comme Jeanne Jugan, la mendiante aux deux cents maisons d’accueil ; les banquiers comme Benjamin Delessert, fondateur des Caisses d’Epargne  ou Mohammed Yunus et son soutien au micro-crédit, qui ont fait de l’argent un moyen et non une fin, sœur Emmanuelle et ses chiffonniers, Mère Teresa et Coluche, tous différents, tous engagés aux côtés des abandonnés, tous humains. Comme ce Pepe Mujica, le président de l’Uruguay, comme les milliardaires philanthropes Bill Gates et Mark Zuckerberg, tous ceux-là et bien d’autres nous disent que le refus de la misère, c’est un combat d’une vie et non pas d’une journée. Près de 20% des habitants du Languedoc-Roussillon sous le seuil de pauvreté. « La misère est l’œuvre des hommes, seuls les hommes peuvent la détruire », disait  Joseph Wresinski. Cette phrase dit bien que la misère n’est pas une fatalité. Elle en situe la responsabilité non pas au niveau de certains hommes, mais de tous, et la responsabilité d’en venir à bout est aussi l’œuvre de tous.