« Marre de Sand » (La Tour Editions) est incontestablement LE livre qu’on attendait au fond de la hotte du plus célèbre grand père de la planète Terre. Il arrive. Juste le temps d’une livraison chez Torcatis LE libraire, qui a pignon sur rue Mailly à Perpignan, et l’ouvrage est maintenant disponible grâce au traineau hybride du Père Noël. Certes, la couverture est noire, peu attrayante, mais redoutablement attirante… et, surtout, festive, portée de l’intérieur par un texte qui se savoure comme un Mojito sur la plage du Racou, ou en baie de Paulilles, en plein mois d’août, quand le soleil donne. Calmos, nous sommes qu’en décembre.

Le notaire-écrivain, ou plutôt désormais à définir dans le sens inverse, Jean-Christian SéGURET, que l’on peut croiser (presque) en même temps sur les hauteurs de Banyuls-sur-Mer, à deux pas du Mas Reig, sur le quai Vauban à Perpignan, ou quelque part en Cerdagne, plus près de Puigcerdá que de Font-Romeu, publie aujourd’hui sans doute le meilleur de sa littérature.

Les mots sonnent, trébuchent, explosent, illuminent notre lecture un peu-beaucoup comme les guirlandes et autres décorums qui ont pris possession de notre quotidien, vingt-quatre heures sur 24, en cette période de fin d’année.

Jean-Christian SéGURET croque et avale les mots, quels qu’ils soient, quelle que soit leur définition, leur rôle dans une construction de phrases, pour nous les restituer reformatés. Et ça marche. Car on se prend au jeu, à son jeu. On s’installe pour un plaisir indéfinissable dans ses jeux de mots. Dans sa narration, il y a de la musique, de la joie, de la colère, de la caricature, de l’inquiétude, du bonheur, des conflits, de l’amour bien sûr… tout un état d’esprit de la conversation et de la pensée également. Son style, c’est le sens de la vie, c’est l’Histoire d’une époque, c’est la retranscription d’un bouche-à-oreille sans aucun dentifrice-artifice-mentholé pour masquer la composition de l’instant « T »… C’est un voyage à travers le temps qui fuit, c’est la découverte d’un Grand Moment (comme il en existe lorsqu’on s’assied devant un plat) à partir d’un fil anecdotique que lui seul est capable de tirer.

Il y a chez cet auteur bien de chez nous, chez cet Aveyronnais de Catalogne (eh oui ça existe), du Groucho MARX (aucun lien de parenté avec l’OVNI des fourneaux de la téléréalité), du Pierre DESPROGES (« On a quand même pas pris la Bastille pour en faire un opéra »), de l’Alphonse ALLAIS, du Michel AUDIARD, du Sacha GUITRY (« Si vous voulez que votre femme écoute ce que vous dîtes, dîtes-le à une autre femme »)… Jean-Christian SéGURET c’est tout cela à la fois, c’est une écriture qui chante, qui danse, qui crie, qui résonne, qui raconte. Ne cherchez pas une explication de texte sur la couverture, ni au début ni à la fin, ne cherchez pas trois lignes de synopsis avant d’entrer en scène de lecture… ce roman, sous la plume d’un érudit sans limite(s), nous plonge dans une histoire sans fin, même si à la fin elle se termine. Pour y arriver, Jean-Christian SéGURET nous entreprend avec un casting dont on pensait jusque-là que les célébrités ne pouvaient que se rencontrer dans les pages d’un dictionnaire. Lui, les fait s’asseoir à la même table, et converser entre elles, par la magie de « Marre de Sand » !

Jean-Christian SéGURET est de retour. Au milieu d’un monde fou, fou, fou (…) qui parle et se rabâche pour mieux se déconstruire, lui nous fait fureter dans les contre-allées d’une histoire familiale revisitée avec des personnages historiques, en nous consolant avec ses mots : « C’est parfois moche la vie… » ; installez-vous, confortablement, ça ne fait que commencer !