Mardi 27 septembre 2016, dans le cadre du cycle de conférences « Les Rendez-Vous de la Connaissance », le philosophe Eric LOWEN était présent au Soler pour une rencontre grand-public sur le thème « L’Homme Immortel, rêve de sciences fictions ou réalité de demain ? Le transhumanisme n’est pas un humanisme. »

Plus d’une centaine de personnes était réunies à la Salle des Fêtes pour assister à cette soirée organisée en partenariat avec le Centre Méditerranéen de Littérature (CML), représenté par son président André BONET et en présence par la ville du Soler en présence de Véronique OLIER, 1ère adjointe.

Pendant près de 2 heures, Eric LOWEN n’a pas manqué de mettre en évidence les perceptives technologiques et physiologiques en terme d’immortalité qu’annonce le transhumanime dans le futur proche. Bien que s’approcher d’une vie prolongée n’est pas impossible, selon lui, ce vieux rêve que l’on retrouve dans toutes les sociétés, ne sera certainement pas forcement l’idéal pour combler les attentes et résoudre tous les problèmes de l’humanité.

Pour notre conférencier, il ne fait pas de doute que les progrès de la médecine, de la recherche pharmaceutique, des nanotechnologies, de la robotique ou encore de l’informatique permettront d’augmenter considérablement la durée de la vie mais aussi et surtout, la qualité de la vie de l’être humain.

– « Quand les frères Montgolfier ont inventé le premier ballon dirigeable au XVIIIème siècle, personne ne pouvait imaginer l’A380 » a rappelé Eric LOWEN avant de souligner que « cette aspiration à l’immortalité biologique par des biais divers et variés est aujourd’hui d’autant plus importante qu’une révolution gériatrique est en marche. Aujourd’hui l’espérance de vie moyenne est supérieure à 80 ans et nos « séniors » ne se comportent plus comme des « vieux », ils voyagent, font de la gym, assistent à des conférences, vont à l’université.

Selon le philosophe, une autre illustration de cette révolution gériatrique est le nombre croissant de centenaires : « En France, un des premiers recensements fiables de la population fait en 1886 comptabilisait 184 centenaires sur un pays d’un peu plus de 35 millions d’habitants. Un siècle plus tard, en 1970, ils étaient 1273, presque dix fois plus. 30 ans plus tard, en 2000, il y en avait 9264 et en 2011, soit aujourd’hui près de 24 000 centenaires en France. De plus, des millions de personnes parviennent à plus de 70, 80 et 90 ans, même s’ils ne finissent pas tous centenaires, la durée de vie moyenne a pratiquement triplé ».

En France et partout dans le monde, des recherches sont en cours, tous les jours, des avancées, aussi minime soient-elles, repoussent les limites du vieillissement. « Un jour, lorsque l’on aura suffisamment de cumul, les progrès médicaux permettront de prolonger la durée de vie mais également d’arrêter les processus naturels de dégénérescence des cellules et c’est ce que l’on appellera la révolution thanatologique » a expliqué Eric LOWEN.

A contrario du Transhumanisme, mouvement de pensée international apparu dans les années 1980, qui promet la création d’une espèce posthumaine supérieure, Eric LOWEN n’est pas persuadé que sur le plan philosophique une telle voie garantisse le meilleur pour l’humanité. Selon lui, « le Transhumanisme confond capacité technique et dimension éthique. Ce n’est pas parce que la durée de vie augmentera que vous annulerez le problème des passions, le gout du pouvoir, l’ambition et l’idée que l’homme est un loup pour lui-même ».

La vraie question qui se pose, ce n’est pas si nous arriverons un jour à l’immortalité physique ou intellectuelle, mais comment les générations futures gèreront les conséquences d’un allongement considérable de la vie. Comment y feront-elles face et quels seront les équilibres géopolitiques qu’organiseront ces nouvelles sociétés ? « Tous ces développements ne nous garantiront pas une société meilleure, cela va engendrer un nouveau type de société pour laquelle la science et la technologie ne garantiront pas pour autant la justice et l’équité sociale » a conclu Eric LOWEN.

Captivé par ce brillant exposé qui donnait parfois le vertige, les spectateurs n’ont pas manqué de poser de nombreuses questions qui ont permis d’approfondir encore un peu plus ce sujet aussi vaste que passionnant.