NABLI et son ombre devant une de ses toiles (photo Christian@ERRE)

 

Jean-Claude ENNABLI, dit NABLI, est né en Tunisie en 1942. A Tunis, il intègre l’Ecole des Beaux-Arts puis vient en France dans les années 60 et obtient ses diplômes aux B.A de Montpellier sous la houlette de Dezeuze, Descossy, Bessil puis à l’Ecole de Paris. C’est dans cette ville qu’il fera la connaissance du sculpteur César et de l’artiste Claude Viallat à l’éclosion du mouvement Support-Surface. Il participera au grand projet « Toréador » avec les artistes Ben, Erro, Albérola, Bioulès, Combas, Arroyo, Di Rosa, Fromanger, Kermarek, Viallat. Il exposera pour cette occasion à New-York, Paris, Céret, Madrid, Nîmes, Arles, Barcelone.

C’est au Boulou, à la galerie « Espace Des Arts » (EDA) que s’est déroulé le vernissage des toiles de NABLI en présence de la maire, Nicole VILLARD, des élus et du Conseiller Départemental, Robert GARRABé, qui souligna la qualité de l’exposition rappelant que l’EDA accueillait depuis de nombreuses années « des artistes de qualité oeuvrant en ce sens à développer la Culture ».

La responsable de l’EDA présenta le travail du peintre et notamment à travers un texte écrit par Claude VIALLAT pour son ami : « NABLI peint des taureaux en courses, des taureaux aux prés, des portraits de taureaux de salon dans des compositions surréalisantes. Il peint des taureaux parce qu’il aime les taureaux et qu’ils viennent à lui dès qu’ils les convoque, comme il va à eux dès que l’occasion se présente. Il peint aussi des portraits d’hommes de bouvine parce que cela ne l’éloigne pas de ce qu’il aime et qu’il aime peindre et que cela lui va bien, que peindre c’est ce qu’il a appris, qu’il le fait bien et qu’il aime ce qu’il fait. Cela ne veut pas dire qu’il ne se pose pas de problèmes, que les choses se font facilement mais les problèmes qu’il se pose sont des problèmes de peinture et son métier de peintre est là pour résoudre les problèmes et lui en poser. C’est dans ce décalage qu’il trouve son plaisir et sa raison d’être. Peindre des taureaux ou des chats ou des hommes, ce n’est que prétexte à peindre, et peindre, c’est sa grande affaire, c’est là que tout se résout, c’est là que tout se passe envers et contre tous les problèmes qui passent ».

Claude VIALLAT, à propos de l’artiste NABLI d’ajouter : « Le monde de NABLI est fait de ses rêves, de son amour pour l’art et les artistes qu’il représente à travers leurs portraits ou en partageant leur univers plastique, de ses passions et notamment en reproduisant largement le taureau auquel peut-être s’identifie t’il au-delà de l’intérêt certain qu’il porte à la bouvine. Tout cela est peint avec maîtrise, les couleurs sont franches, la palette est très large, le trait précis et la toile très fouillée. Un monde foisonnant, plantes, animaux, objets de toute sorte peuplent la surface de la toile comme pour appuyer son propos mais également pour renforcer l’énigme qui ne manque jamais de s’y trouver. NABLI nous dit tout mais ne lâche rien sans que nous ayons un effort à fournir, c’est que le monde de NABLI se mérite. Onirique, poétique, chargé de sens et rempli de mystère, il nous séduit tout en nous égarant dans les méandres de l’imaginaire de l’artiste mais jamais ne nous malmène, nous accompagnant tout le long pour un voyage au cœur de ce que porte en lui l’artiste, ce qu’il aime et qu’il partage avec talent ».

Ysabelle ERRE-SERRA.

  • A voir rue des écoles au Boulou jusqu’au 23 mars inclus du mardi au samedi inclus (9h/12h et 14h/18h). Contact: 04 68 83 36 32